Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿
Il y a ce moment un peu particulier où l'idée d'un bébé commence à devenir un projet.
Parfois, elle est là depuis longtemps.
Parfois, elle arrive doucement.
Et parfois, la décision tient presque dans une phrase :
« Et si nous essayions ? »
Alors on pense peut-être aux prénoms.
À la chambre.
À la date à laquelle arrêter une contraception.
À ce que serait une grossesse à telle ou telle période de l'année.
On imagine.
On calcule un peu.
On rêve beaucoup.
Mais il existe une étape beaucoup moins romanesque…
et pourtant particulièrement utile :
prendre rendez-vous avec un professionnel de santé avant même d'être enceinte.
On parle alors de consultation préconceptionnelle.
Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, elle n'est pas uniquement destinée aux personnes ayant des problèmes de santé ou des difficultés à concevoir.
Elle peut tout simplement permettre de commencer un projet de grossesse avec quelques repères supplémentaires.
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Oui.
Et c'est précisément l'intérêt.
Pendant une grossesse, le suivi médical commence rapidement à s'organiser.
Mais certaines questions gagnent à être posées avant la conception.
Par exemple :
un médicament que l'on prend régulièrement est-il compatible avec une grossesse ?
Les vaccinations sont-elles à jour ?
Faut-il prendre de l'acide folique ?
Une maladie chronique nécessite-t-elle une adaptation du traitement ?
Un antécédent lors d'une grossesse précédente mérite-t-il un suivi particulier ?
Y a-t-il quelque chose à modifier avant d'essayer d'avoir un bébé ?
Le rendez-vous préconceptionnel n'est donc pas forcément une consultation destinée à rechercher ce qui pourrait aller mal.
Il sert surtout à faire un point.
Selon notre situation et l'organisation des soins, nous pouvons en parler avec :
notre médecin généraliste ;
notre gynécologue ;
une sage-femme lorsque son cadre d'exercice le permet ;
ou un spécialiste si une maladie particulière nécessite déjà un suivi.
Il n'est pas nécessaire de trouver immédiatement « le grand spécialiste de la préconception ».
Pour beaucoup de personnes, le premier rendez-vous peut tout simplement commencer chez le professionnel qui connaît déjà leur santé.
Et si la situation nécessite un avis plus spécialisé, celui-ci pourra nous orienter.
Idéalement, avant de commencer les essais, afin d'avoir le temps d'agir si quelque chose doit être adapté.
Cela peut être quelques semaines ou quelques mois auparavant.
Mais il n'existe évidemment pas de date magique à laquelle tout projet de bébé devrait commencer par un rendez-vous médical.
Si les essais ont déjà commencé, il n'est pas « trop tard ».
Et si une grossesse débute avant que nous ayons eu cette consultation, inutile de considérer que nous avons raté une étape indispensable : nous pouvons simplement contacter le professionnel qui assurera le suivi de grossesse.
La consultation préconceptionnelle est un outil.
Pas un examen d'entrée pour avoir le droit d'essayer d'avoir un enfant.
Voilà probablement l'une des raisons les plus connues de parler de grossesse avant qu'elle commence.
L'acide folique, ou vitamine B9, joue un rôle important très tôt dans le développement embryonnaire.
Une supplémentation autour de la conception permet de réduire le risque d'anomalies de fermeture du tube neural.
Et justement…
le tube neural se développe et se ferme très tôt au début de la grossesse, parfois alors que l'on vient à peine d'apprendre que l'on est enceinte.
C'est pourquoi les recommandations prévoient généralement de commencer l'acide folique avant la conception et de le poursuivre au début de la grossesse.
Le professionnel de santé peut également déterminer si la dose habituelle convient ou si une situation particulière justifie une supplémentation différente.
Voilà un parfait exemple de quelque chose qu'il est plus logique d'anticiper que de découvrir plusieurs semaines après un test positif.
C'est une autre raison importante de consulter.
Prescription médicale.
Médicament pris ponctuellement.
Traitement chronique.
Produits achetés sans ordonnance.
Compléments alimentaires.
Plantes.
Huiles essentielles.
Nous pouvons être tentés de penser :
« C'est naturel, donc ce n'est sûrement pas un problème. »
Ou au contraire :
« Je veux un bébé, j'arrête immédiatement tous mes médicaments. »
Aucune de ces deux réactions n'est une bonne règle générale.
Certains traitements peuvent être poursuivis pendant une grossesse.
D'autres doivent être adaptés ou remplacés.
Et l'arrêt brutal de certains médicaments peut lui-même présenter un risque.
Le bon réflexe est donc de faire une liste de ce que nous prenons et d'en discuter avec un professionnel ou un pharmacien.
On ne modifie pas seul un traitement prescrit dans l'espoir de préparer une grossesse.
Le rendez-vous peut également être l'occasion de regarder le carnet de vaccination.
Pourquoi avant la grossesse ?
Parce que certaines infections peuvent poser des problèmes particuliers pendant celle-ci et que certains vaccins ne sont pas administrés pendant la grossesse.
Si une vaccination doit être réalisée avant la conception, il peut également être nécessaire d'attendre un certain délai avant de débuter les essais, selon le vaccin concerné.
Voilà encore une raison pour laquelle quelques semaines d'anticipation peuvent être utiles.
Pas nécessairement.
😂
Préparer une grossesse ne signifie pas commander automatiquement une analyse de chaque élément que notre laboratoire sait mesurer.
Les examens utiles dépendent de notre situation :
antécédents ;
vaccinations ;
maladies ;
traitements ;
grossesses précédentes ;
histoire familiale ;
facteurs de risque particuliers.
Le professionnel déterminera ce qui est pertinent.
Et parfois, après la consultation, la conclusion sera simplement :
« Tout va bien, continuez comme cela. »
Ce qui constitue également une information précieuse.
Si nous avons déjà été enceinte, notre histoire compte.
Une grossesse sans complication.
Une césarienne.
Une naissance prématurée.
Une hypertension pendant la grossesse.
Un diabète gestationnel.
Une fausse couche.
Une grossesse extra-utérine.
Une hémorragie.
Une interruption médicale de grossesse.
Une perte périnatale.
Une anomalie chromosomique ou congénitale.
Une complication placentaire.
Toutes ces histoires ne signifient pas qu'une prochaine grossesse se déroulera mal.
Mais certaines peuvent justifier de réfléchir avant la conception au suivi qui serait proposé lors d'une nouvelle grossesse.
Et lorsqu'un événement précédent a été complexe, il peut être utile d'apporter les comptes rendus médicaux disponibles plutôt que d'essayer de tout raconter de mémoire.
Le professionnel pourra également nous interroger sur certaines maladies présentes dans les familles des futurs parents.
La plupart du temps, cela ne conduira pas à une exploration génétique particulière.
Mais certaines histoires familiales, maladies héréditaires connues, anomalies congénitales ou antécédents peuvent justifier un avis génétique.
Là encore, le but n'est pas de transformer tout projet de bébé en enquête inquiétante.
Il s'agit simplement de repérer les situations dans lesquelles une information supplémentaire pourrait être utile.
Diabète.
Hypertension.
Épilepsie.
Maladie thyroïdienne.
Maladie auto-immune.
Maladie cardiaque.
Trouble psychiatrique nécessitant un traitement.
Ou toute autre maladie nécessitant un suivi régulier.
Une grossesse peut modifier l'équilibre d'une maladie.
Et une maladie ou son traitement peut parfois modifier la manière dont une grossesse doit être suivie.
Dans ces situations, la période avant la conception peut être particulièrement précieuse.
Elle permet, lorsque c'est nécessaire, de stabiliser au mieux la maladie et de réfléchir avec les professionnels aux traitements les plus appropriés.
Le message n'est donc surtout pas :
« Il faut être en parfaite santé pour avoir un bébé. »
Il est plutôt :
« Lorsqu'une maladie existe, mieux vaut préparer la grossesse avec les personnes qui la connaissent. »
Voilà quelque chose auquel nous pensons moins spontanément.
Profiter de cette période pour effectuer les soins dentaires en attente et prendre soin de sa santé bucco-dentaire peut être une bonne idée.
Pas parce qu'il faudrait arriver à la grossesse avec un corps entièrement « remis à neuf ».
😂
Mais simplement parce que la santé avant la conception ne se résume pas aux organes reproducteurs.
C'est aussi l'occasion de reprendre les rendez-vous que nous avons parfois repoussés.
Non.
Il n'est pas nécessaire de transformer les trois mois précédant une grossesse en camp d'entraînement.
😂
Mais certains sujets méritent d'être abordés :
alimentation ;
activité physique ;
tabac ;
alcool ;
drogues ;
sommeil ;
santé mentale ;
expositions professionnelles éventuelles.
Le but n'est pas d'atteindre une hypothétique perfection maternelle.
Il s'agit de repérer les changements qui peuvent réellement améliorer la santé de la personne qui souhaite être enceinte et celle de la future grossesse.
C'est un sujet qui mérite beaucoup de délicatesse.
Le poids peut influencer certains risques pendant la grossesse, dans un sens comme dans l'autre.
Mais une consultation préconceptionnelle ne devrait pas se résumer à :
« Perdez du poids et revenez plus tard. »
La discussion peut être beaucoup plus utile lorsqu'elle porte sur la santé globale :
l'alimentation ;
l'activité physique adaptée ;
les éventuelles carences ;
la tension artérielle ;
le métabolisme ;
les traitements ;
et les facteurs de risque individuels.
Le projet de grossesse concerne une personne entière.
Pas simplement un nombre sur une balance.
Dès qu'une grossesse est possible, la prudence est importante puisque les premières semaines peuvent passer inaperçues.
Le professionnel pourra expliquer les recommandations concernant l'alcool, le tabac et les autres substances et, lorsque l'arrêt est difficile, proposer un accompagnement.
Demander de l'aide avant la grossesse n'est pas un échec.
C'est précisément l'une des fonctions de cette consultation.
Le projet de conception ne concerne évidemment pas uniquement la personne qui portera la grossesse.
La santé du partenaire peut également être abordée :
tabac ;
alcool ;
certaines consommations ;
médicaments ;
expositions professionnelles ;
antécédents familiaux ;
santé générale.
Et surtout, préparer un bébé peut devenir une démarche commune plutôt qu'une longue liste de choses que la future mère devrait réussir seule.
Pas besoin d'arriver avec un dossier de quarante-sept pages.
😂
Mais quelques informations peuvent être utiles :
Notons-les avant le rendez-vous.
Parce qu'il existe une mystérieuse loi médicale selon laquelle la question à laquelle nous pensions depuis trois semaines disparaît exactement au moment où le médecin demande :
« Vous aviez d'autres questions ? »
😂
Puis réapparaît dans l'ascenseur.
Préparer une grossesse peut avoir un effet étrange.
Nous cherchons des informations pour nous rassurer…
puis nous découvrons quinze choses auxquelles nous n'avions jamais pensé…
et nous sommes soudain beaucoup moins rassurés.
Internet est particulièrement doué pour cela.
😂
Une consultation permet justement de remettre les risques dans notre contexte personnel.
Tout ce qui peut arriver pendant une grossesse n'est pas susceptible d'arriver à tout le monde de la même manière.
Et toutes les précautions possibles ne sont pas nécessaires pour chaque personne.
Le rôle du professionnel est aussi de nous aider à distinguer :
ce qui nous concerne ;
ce qui ne nous concerne probablement pas ;
ce qui mérite d'être vérifié ;
et ce que nous pouvons simplement laisser de côté.
La consultation préconceptionnelle et la consultation pour difficultés à concevoir sont deux choses différentes.
On peut consulter avant même le premier essai pour préparer une grossesse.
Et on peut consulter plus tard parce qu'une grossesse tarde à débuter.
Le moment auquel un bilan de fertilité devient pertinent dépend notamment de l'âge, de la durée des essais et de certains antécédents.
Certaines situations justifient aussi de demander conseil plus tôt : cycles très irréguliers ou absents, maladie connue pouvant affecter la fertilité, antécédents gynécologiques particuliers, traitement susceptible d'avoir un impact sur la fertilité, par exemple.
Il n'est donc pas toujours nécessaire d'attendre arbitrairement un nombre précis de mois avant d'en parler.
Il mérite particulièrement d'être anticipé lorsqu'il existe par exemple :
une maladie chronique ;
un traitement régulier ;
des antécédents de grossesse compliquée ;
des pertes de grossesse répétées ou une perte périnatale ;
un antécédent d'anomalie congénitale ou chromosomique ;
une maladie génétique connue dans la famille ;
des cycles très irréguliers ;
une intervention ou une maladie pouvant affecter la fertilité ;
ou simplement beaucoup de questions concernant une future grossesse.
Et parfois, la raison est beaucoup plus simple :
« J'aimerais préparer ce projet correctement et savoir par où commencer. »
C'est déjà une raison parfaitement valable.
Nous pouvons préparer une page dans un carnet avec quatre petites rubriques :
Ce que je prends actuellement
Médicaments, vitamines, compléments, plantes…
Mes antécédents importants
Santé générale et grossesses précédentes.
Ce que je dois vérifier
Vaccinations, rendez-vous médicaux ou dentaires, éventuels examens conseillés.
Mes questions
Même celles qui nous semblent toutes petites.
Puis nous emportons cette feuille au rendez-vous.
Elle deviendra notre point de départ.
Pas une liste de choses à réussir.
Préparer l'arrivée possible d'un enfant ne commence pas forcément par une chambre.
Ni par une poussette.
Ni même par un test de grossesse posé un matin sur le rebord du lavabo.
Cela peut commencer bien avant.
Par une boîte d'acide folique.
Un carnet de vaccination retrouvé au fond d'un tiroir.
Une liste de médicaments.
Un rendez-vous chez le médecin.
Trois questions griffonnées sur une feuille.
Rien de très spectaculaire.
Et pourtant, quelque chose commence déjà.
Non pas parce qu'il faudrait tout contrôler avant de concevoir.
Une grossesse ne sera jamais un projet dont nous pouvons prévoir chaque détail.
Et heureusement, consulter avant la conception n'a pas pour but de nous promettre que tout se passera parfaitement.
Il s'agit plutôt de regarder ce qui peut être anticipé…
et d'accepter que le reste appartiendra à l'histoire lorsqu'elle commencera.
Peut-être est-ce cela, finalement, préparer doucement une grossesse :
ne pas chercher à devenir une future mère parfaite avant même qu'elle existe.
Simplement prendre soin de la personne qui est déjà là.
Et lui donner quelques bonnes cartes pour accueillir, si la vie le permet, celle qui viendra ensuite.
À bientôt sous le tilleul 🌿