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Pourquoi les dessins animés de notre enfance paraissaient-ils parfois plus lents ? Revoir un épisode de Les Animaux du Bois de Quat’sous

Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿

Il suffit parfois de quelques secondes.

Un vieux générique commence.

Une musique que nous n'avions pas entendue depuis des années.

Une image apparaît.

Et tout à coup…

nous avons huit ans.

😂

Mais lorsque nous montrons aujourd'hui à nos enfants un dessin animé que nous regardions nous-mêmes petits, quelque chose peut nous surprendre.

Comme c'est lent !

Ou plutôt…

comme cela nous paraît lent.

Les personnages marchent.

Ils parlent.

Un paysage reste quelques instants à l'écran.

L'histoire ne semble pas avoir besoin de produire une plaisanterie ou un rebondissement toutes les dix secondes.

Et parfois, cette sensation est tellement forte que nous finissons par nous demander :

les dessins animés de notre enfance étaient-ils réellement plus lents ?

Pour essayer de répondre, ressortons aujourd'hui une série qui a marqué beaucoup d'enfants des années 1990 :

Les Animaux du Bois de Quat'sous.

Mais cette fois, nous n'allons pas seulement regarder l'histoire.

Nous allons observer la manière dont elle nous est racontée.

Retournons au Bois de Quat'sous

Pour ceux qui auraient oublié le début de l'histoire, le point de départ est plutôt sombre.

Les animaux vivent dans le Bois de Quat'sous.

Mais leur habitat est détruit par les humains pour permettre un projet immobilier.

Leur mare est asséchée.

Ils doivent partir.

Renards, blaireaux, lapins, hérissons, vipères, oiseaux et autres habitants du bois concluent alors un pacte : malgré leurs différences — et même si certains sont normalement les prédateurs des autres — ils voyageront ensemble jusqu'au Parc du Daim Blanc, où ils espèrent trouver refuge.

Renard devient leur chef.

Et le voyage commence.

La série télévisée, adaptée des livres de Colin Dann, a été diffusée entre 1993 et 1995 pendant trois saisons. Le BFI la replace dans une importante vague d'animations environnementales des années 1990.

Mais lorsqu'on la revoit aujourd'hui, ce n'est pas seulement son message écologique qui frappe.

C'est aussi sa manière de raconter.

 

Première expérience : regardons cinq minutes

Choisissons un épisode.

Et pendant seulement cinq minutes, résistons à la tentation de nous laisser absorber par l'histoire.

😂

Cette fois, observons.

Combien de fois change-t-on de lieu ?

Combien de personnages parlent ?

Combien de véritables événements se produisent ?

Combien de temps reste-t-on parfois sur le même décor ?

Y a-t-il des moments pendant lesquels personne ne parle ?

La musique est-elle constamment présente ?

À quel moment ressentons-nous pour la première fois :

« Tiens, c'est plus lent que ce que j'ai l'habitude de voir aujourd'hui » ?

Et surtout :

qu'est-ce qui nous donne cette impression ?

Voilà la vraie enquête.

 

Qu'est-ce que le « rythme » d'un dessin animé ?

Nous pourrions croire que le rythme correspond simplement à la vitesse des personnages.

Mais c'est beaucoup plus complexe.

Notre impression dépend notamment :

du montage ;

de la durée des plans ;

de la fréquence des dialogues ;

des mouvements à l'écran ;

de la musique ;

du nombre d'informations données simultanément ;

de la fréquence des changements de lieu ;

des rebondissements ;

des silences ;

de la structure de l'histoire.

Un personnage peut donc courir très vite…

dans un récit qui nous paraît relativement calme.

Et deux personnages peuvent rester assis sur un rocher…

dans une scène extrêmement intense.

La vitesse de l'action et le rythme du récit ne sont pas exactement la même chose.

 

Le décor a le droit d'exister

Regardons maintenant les paysages.

Une forêt.

Un champ.

Un chemin.

Une rivière.

La caméra ne semble pas toujours considérer le décor comme un simple espace à traverser au plus vite.

Nous avons parfois le temps de comprendre :

où sont les animaux ?

où doivent-ils aller ?

qu'est-ce qui les menace ?

Et cela compte énormément dans Les Animaux du Bois de Quat'sous.

Parce que le territoire fait partie de l'histoire.

Le bois a disparu.

Les routes sont dangereuses.

Les terres humaines constituent des obstacles.

Le Parc du Daim Blanc représente un refuge.

Le BFI rapproche d'ailleurs la série de Watership Down dans sa manière de représenter une campagne qui n'est pas un joli décor idéalisé : routes, urbanisation et activités humaines y deviennent des éléments susceptibles de mettre les animaux en danger.

Le paysage raconte quelque chose.

 

Une histoire qui continue

Autre différence intéressante à observer : Les Animaux du Bois de Quat'sous ne fonctionne pas seulement comme une succession de petites aventures complètement indépendantes.

Il existe un voyage.

Un objectif.

Des relations qui évoluent.

Des événements dont les conséquences peuvent continuer.

Des personnages rencontrés précédemment restent importants.

Et surtout…

tout ne revient pas forcément à zéro lorsque l'épisode se termine.

Cela change notre manière de regarder.

Nous devons nous souvenir.

Qui s'est disputé ?

Qui a disparu ?

Pourquoi doivent-ils prendre cette direction ?

Qu'est-il arrivé la dernière fois ?

L'enfant n'attend donc pas uniquement :

« Que va-t-il se passer dans les prochaines minutes ? »

Il construit progressivement une histoire plus longue.

 

Et parfois, un personnage ne revient vraiment pas

Voilà probablement l'une des choses dont beaucoup d'enfants devenus adultes se souviennent.

Les animaux peuvent mourir.

Pas uniquement un méchant apparu cinq minutes auparavant.

Des membres du groupe.

Le BFI rappelle notamment les hérissons écrasés sur une route et la mort des faisans ; plus largement, la série représente sans détour les conséquences des routes, de la chasse, des incendies provoqués par les humains ou encore de la pollution.

Ce choix change profondément la tension du récit.

Parce qu'une fois que l'enfant a compris que les personnages ne bénéficient pas tous d'une protection invisible…

un danger devient réellement un danger.

Traverser une route n'est plus simplement une petite péripétie avant la scène suivante.

Nous savons que quelque chose peut arriver.

 

Les fameux hérissons…

Il y a probablement des adultes qui viennent de lire ce sous-titre et de penser immédiatement :

« NON. PAS EUX. »

😂😭

Certaines scènes sont restées extrêmement présentes dans la mémoire de ceux qui regardaient la série enfants.

Et c'est intéressant.

Pourquoi nous souvenons-nous encore d'une scène trente ans plus tard ?

Est-ce parce qu'elle était triste ?

Parce qu'elle était inattendue ?

Parce que personne ne nous avait prévenus ?

Parce que nous étions profondément attachés aux personnages ?

Ou parce que le récit nous avait laissé suffisamment de temps pour comprendre ce qui se passait ?

Voilà une question beaucoup plus intéressante que :

« Les anciens dessins animés étaient-ils meilleurs ? »

 

Des animaux qui restent aussi… des animaux

Bien sûr, ils parlent.

Ils forment une société.

Ils ont des personnalités très humaines.

Nous sommes bien dans une fiction.

Mais la série conserve quelque chose d'assez particulier :

les différences entre espèces ont de l'importance.

Un renard n'est pas une souris.

Un serpent n'est pas un lapin.

Un hérisson ne possède pas les mêmes capacités qu'un oiseau.

Et certains animaux seraient naturellement les prédateurs des autres.

C'est justement pour cette raison que leur pacte de protection mutuelle possède un sens.

Ils doivent temporairement dépasser certaines relations naturelles pour accomplir leur voyage ensemble.

Le dessin animé ne présente donc pas simplement :

une bande de copains ayant chacun une apparence animale différente.

L'animalité participe réellement à l'histoire.

 

Et la nature n'est pas toujours gentille

Voilà quelque chose d'autre que j'aime observer dans cette série.

La nature n'est pas présentée uniquement comme :

🌸 fleurs ;

🦋 papillons ;

🌈 merveilleux petit monde.

Elle peut être belle.

Mais les animaux ont faim.

Ils sont vulnérables.

Ils doivent se déplacer.

Ils peuvent devenir proies.

Ils rencontrent des dangers.

Et à ces difficultés naturelles viennent s'ajouter celles provoquées par les humains.

Le BFI décrit d'ailleurs la série comme particulièrement sombre dans sa représentation des conséquences de l'activité humaine sur la faune sauvage.

Cela ne signifie pas qu'un programme pour enfants doit être sombre pour être intéressant.

Mais simplement que cette série faisait confiance à son jeune public pour rencontrer aussi des émotions difficiles.

 

Alors, les dessins animés étaient-ils vraiment plus lents « avant » ?

Ici, il faut être prudent.

Pas tous.

Et les dessins animés actuels ne sont évidemment pas tous rapides.

Comparer « les dessins animés d'avant » aux « dessins animés d'aujourd'hui » comme s'il existait seulement deux styles serait beaucoup trop simpliste.

Il existait autrefois des animations extrêmement mouvementées.

Et il existe aujourd'hui de magnifiques productions contemplatives.

Notre souvenir joue également un rôle : nous ne regardons plus ces œuvres avec les mêmes yeux, le même âge ni les mêmes habitudes.

La bonne question serait donc plutôt :

quels choix de mise en scène donnent à CETTE œuvre son rythme particulier ?

Et là, nous pouvons réellement observer.

 

Faisons l'expérience avec deux dessins animés

Choisissons :

- un épisode des Animaux du Bois de Quat'sous ;

- un épisode d'une série d'animation actuelle connue des enfants.

Mais surtout :

ne cherchons pas un gagnant.

Nous ne faisons pas un concours.

Préparons simplement une feuille avec quelques critères.

Pendant cinq minutes de chaque programme, observons :

Combien de changements de lieu ?

Combien de moments silencieux ?

Combien de personnages interviennent ?

Combien de rebondissements importants ?

La musique est-elle continue ?

Le décor reste-t-il parfois seul à l'écran ?

Une scène peut-elle exister sans dialogue ?

Nous obtiendrons deux façons de raconter.

Pas nécessairement :

une bonne et une mauvaise.

 

Puis posons la question la plus intéressante

Après chaque extrait, demandons :

« Qu'as-tu ressenti ? »

Pas :

« Lequel était meilleur ? »

Mais :

« Dans lequel avais-tu le temps d'imaginer ce qui allait arriver ? »

« Lequel t'a fait rire davantage ? »

« Dans lequel ressentais-tu davantage le danger ? »

« Lequel te donnait envie de regarder immédiatement la suite ? »

« Dans lequel as-tu davantage observé le paysage ? »

« Dans lequel se passait-il le plus de choses ? »

Les réponses peuvent même surprendre les adultes.

 

Que se passe-t-il lorsqu'on laisse un silence ?

Voilà une petite expérience amusante.

Prenons une scène dans laquelle personne ne parle pendant quelques instants.

Mettons pause juste après.

Puis demandons :

« Est-ce qu'il ne se passait rien ? »

Peut-être que si.

Un personnage regardait quelque chose.

Nous attendions un danger.

Le paysage changeait.

Une émotion apparaissait sur un visage.

Nous essayions de deviner ce qui allait arriver.

Le silence n'est donc pas nécessairement un vide.

Il peut créer un espace dans lequel le spectateur travaille lui aussi.

 

Et un rythme rapide n'est pas forcément superficiel

Voilà l'autre piège que j'éviterais absolument.

Il serait facile de conclure :

lent = intelligent

et

rapide = mauvais pour les enfants.

Ce serait faux.

Un montage rapide peut produire :

de la comédie ;

de l'énergie ;

de la surprise ;

une sensation d'urgence ;

une grande créativité visuelle.

Un récit lent peut, lui aussi, être terriblement ennuyeux.

😂

Ce qui nous intéresse n'est donc pas de déterminer quelle vitesse serait « bonne ».

Nous cherchons à comprendre :

qu'est-ce que le rythme nous fait ressentir ?

 

Notre manière de regarder a elle aussi changé

Il existe également quelque chose que nous oublions facilement lorsque nous ressortons un programme de notre enfance :

nous avons changé.

Lorsque nous avions huit ans, cet épisode ne nous paraissait peut-être absolument pas lent.

Nous ne possédions pas nos habitudes actuelles.

Nous ne connaissions pas l'histoire.

Nous étions peut-être totalement absorbés par le voyage.

Et surtout, regarder un épisode à la télévision dans les années 1990 n'était pas exactement la même expérience que disposer aujourd'hui instantanément de dizaines ou centaines d'épisodes.

Notre impression actuelle ne nous renseigne donc pas seulement sur le dessin animé.

Elle nous renseigne aussi…

sur nous.

 

Et les enfants d'aujourd'hui le trouvent-ils réellement lent ?

Voilà justement pourquoi je ne leur annoncerais surtout pas avant :

« Vous allez voir, c'était beaucoup plus lent à notre époque ! »

😂

Nous influencerions immédiatement leur perception.

Mettons simplement l'épisode.

Regardons.

Puis demandons après :

« Comment as-tu trouvé le rythme ? »

Peut-être diront-ils :

« lent ».

Peut-être :

« normal ».

Peut-être ne remarqueront-ils absolument rien.

Et cette dernière possibilité serait particulièrement amusante.

Parce que notre grande théorie sur « les enfants d'aujourd'hui » viendrait de s'effondrer en vingt-cinq minutes.

😂

 

Regarder un épisode autrement

Pour transformer ce visionnage en petite activité culturelle, donnons à chacun une mission différente.

Une personne observe :

 les paysages.

Une autre :

 la musique et les silences.

Une autre :

 les personnages et leurs relations.

Une autre :

 les dangers.

Une autre :

 les changements de plans ou de lieux.

Après l'épisode, chacun raconte ce qu'il a remarqué.

Nous aurons tous regardé exactement les mêmes images…

mais nous n'aurons pas vu exactement la même chose.

 

Une formidable porte d'entrée vers l'écologie

Et évidemment, impossible de revoir cette série sans parler de son point de départ :

la destruction d'un habitat.

Le Bois de Quat'sous disparaît sous l'effet d'un aménagement humain.

Les animaux doivent partir.

Cette intrigue permet très naturellement de parler avec les enfants :

des habitats ;

de l'urbanisation ;

des routes ;

de la fragmentation des milieux ;

des réserves naturelles ;

des besoins différents des espèces ;

et de la manière dont les activités humaines modifient les territoires.

Le BFI inscrit précisément la série dans la vague d'œuvres animées environnementales particulièrement présente durant les années 1990.

Un dessin animé regardé pour la nostalgie peut donc devenir le point de départ d'une véritable enquête sur notre environnement.

 

Et pourquoi ne pas remonter jusqu'au livre ?

Parce qu'avant le dessin animé…

il y avait Colin Dann.

La série adapte sa saga littéraire commencée avec The Animals of Farthing Wood.

Et voilà une nouvelle comparaison passionnante :

le livre a-t-il le même rythme que le dessin animé ?

Prenons une scène présente dans les deux.

Lisons-la.

Puis regardons son adaptation.

Qu'a-t-on supprimé ?

Ajouté ?

Raccourci ?

Quelle version laisse davantage de place à notre imagination ?

Comment la musique change-t-elle notre émotion ?

Cette fois, nous ne comparons même plus deux époques.

Nous comparons deux langages : littérature et animation.

 

Notre petit laboratoire du spectateur

Nous pouvons même créer une page dans un carnet :

CE QUE J'AI REGARDÉ

Titre :

Date :

Épisode :

Puis quatre petites questions :

Un moment où j'ai ri :

Un moment où j'ai eu peur ou ressenti de la tension :

Un moment calme dont je me souviens :

Une chose que j'ai remarquée dans la nature :

Et enfin :

Le rythme m'a semblé : très calme / calme / varié / rapide.

Il n'y a aucune bonne réponse.

Nous apprenons simplement à regarder ce que nous regardons.

 

Et puis il y a notre propre nostalgie

Nous devons aussi être un peu honnêtes avec nous-mêmes.

😂

Lorsque nous entendons un générique de notre enfance, nous ne jugeons jamais uniquement :

le scénario ;

l'animation ;

le montage.

Nous retrouvons parfois :

un mercredi après-midi ;

une maison ;

un goûter ;

un canapé ;

une personne avec qui nous regardions la télévision ;

une période entière de notre vie.

Notre émotion appartient donc autant au programme qu'au souvenir qui l'accompagne.

C'est probablement pour cela qu'il est si difficile de comparer objectivement :

« notre dessin animé »

à celui de nos enfants.

Ils ne regardent pas seulement une vieille série.

Ils entrent pendant quelques minutes dans un morceau de notre enfance.

 

🌿 Le petit défi sous le tilleul

Cette semaine, choisissons un dessin animé de notre enfance.

Pas nécessairement Les Animaux du Bois de Quat'sous.

Regardons un seul épisode avec les enfants.

Mais ne leur disons pas :

« À mon époque, c'était quand même autre chose ! »

😂

Observons plutôt ensemble.

Les silences.

Les paysages.

La musique.

Les dialogues.

Le nombre d'événements.

Les émotions.

Puis demandons simplement :

« Qu'est-ce que tu as remarqué dans la manière dont cette histoire est racontée ? »

Et écoutons.

 

Sous le tilleul 🌿

Peut-être que certains dessins animés de notre enfance étaient effectivement plus lents que certaines productions que nous regardons aujourd'hui.

Peut-être aussi que notre mémoire accentue parfois cette différence.

Mais en revoyant Les Animaux du Bois de Quat'sous, une chose apparaît assez vite :

prendre son temps ne signifie pas nécessairement qu'il ne se passe rien.

Un chemin peut installer une inquiétude.

Un paysage peut raconter la disparition d'un habitat.

Un silence peut annoncer un danger.

Une conversation peut modifier une relation.

Et lorsqu'un personnage disparaît, l'histoire peut décider de ne pas effacer immédiatement ce qui vient de se produire.

Le rythme est donc bien davantage qu'une question de vitesse.

C'est une manière de décider où nous allons poser notre attention.

Et finalement, c'est peut-être cela que j'aimerais faire découvrir aux enfants en ressortant de temps en temps un vieux DVD.

Pas leur prouver que :

« c'était mieux avant ».

Mais leur montrer que les histoires peuvent avancer de mille façons.

Certaines courent.

Certaines sautent.

Certaines s'arrêtent pour rire.

Et d'autres prennent le temps de traverser une forêt avec un renard, un blaireau, une vipère et quelques hérissons…

même si, trente ans plus tard, nous ne sommes toujours pas tout à fait remis de ces fichus hérissons.

😭

À bientôt sous le tilleul 🌿

P.S : Tous les épisodes sont sur YOU TUBE 😉

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