Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿
Il existe des artistes dont les œuvres semblent venir d’un rêve.
Des artistes qui ne cherchent pas à reproduire le monde exactement tel qu’il est, mais à nous montrer ce qu’il pourrait devenir lorsqu’il passe à travers l’imaginaire.
Maria Primachenko fait partie de ceux-là.
Ses peintures débordent de couleurs, de fleurs, d’animaux extraordinaires et de créatures presque sorties d’un conte ancien. Et parmi elles, il existe une famille qui me touche particulièrement : ses oiseaux.
Pas les oiseaux sages des encyclopédies.
Ni ceux que l’on dessine en cherchant la perfection anatomique.
Mais des oiseaux merveilleux, expressifs, parfois fantastiques, où la nature rencontre le folklore et où chaque plume semble raconter une histoire.
Aujourd’hui, j’avais envie de t’emmener découvrir cet univers avec les enfants… et surtout de le prolonger par une activité artistique douce et libre, inspirée de cette artiste ukrainienne fascinante.
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Maria Primachenko (1909–1997) était une artiste ukrainienne autodidacte, profondément liée au monde rural et aux traditions populaires de son pays.
Elle a grandi entourée de nature, d’artisanat et de récits transmis oralement. Ses œuvres portent cette mémoire vivante : fleurs géantes, animaux inventés, motifs décoratifs et couleurs vibrantes y dialoguent sans cesse.
On parle souvent d’art naïf ou d’art populaire pour décrire son travail, mais ces mots ne disent pas tout.
Car lorsqu’on regarde ses peintures, on ressent surtout une immense liberté.
Maria Primachenko ne cherchait pas à peindre le monde avec exactitude.
Elle le transformait.
Et cette liberté touche énormément les enfants.
Parce qu’eux aussi savent naturellement que l’imaginaire n’est pas l’opposé du réel… mais une autre manière de le regarder.
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Parmi ses nombreuses créations, ses oiseaux possèdent quelque chose de particulièrement magique.
Ils ressemblent parfois à des oiseaux réels.
Mais jamais tout à fait.
Leurs ailes s’ornent de fleurs.
Leurs plumes deviennent presque végétales.
Leurs yeux semblent raconter des émotions.
Et leurs couleurs oublient joyeusement les règles habituelles.
Bleu intense.
Rouge éclatant.
Jaune solaire.
Vert profond.
Chez Primachenko, un oiseau n’a pas besoin d’être réaliste pour être vrai.
Et je trouve cela profondément libérateur.
Car dans nos activités créatives avec les enfants, nous cherchons parfois trop vite à « bien faire ».
À reproduire.
À corriger.
Ses œuvres nous rappellent autre chose :
l’art peut aussi être un espace d’expression libre.
Un endroit où l’on invente.
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Avant de sortir les pinceaux, j’aime beaucoup proposer un petit temps d’observation.
Pas un cours.
Pas une analyse compliquée.
Simplement regarder.
Que remarquent les enfants ?
Les formes ?
Les couleurs ?
Les motifs ?
Les oiseaux de Primachenko sont souvent décoratifs et expressifs. Leurs corps semblent presque construits comme des jardins ou des paysages miniatures.
On peut poser quelques questions ouvertes :
"Cet oiseau semble-t-il joyeux ou mystérieux ?"
"À quoi te font penser ses plumes ?"
"Vit-il dans une forêt ? Un conte ? Une prairie magique ?"
Ces questions nourrissent doucement l’imaginaire avant la création.
Et elles montrent aussi qu’en art, regarder est déjà une forme d’apprentissage.
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Voici l’activité que j’aime imaginer autour de cet univers.
Pas une reproduction stricte.
Mais une rencontre entre observation et invention.
Pour cela, il suffit de peu :
papier épais,
gouache ou peinture vive,
feutres fins ou pinceau noir,
et éventuellement quelques crayons ou pastels.
L’idée est d’abord d’imaginer un oiseau extraordinaire.
Pas forcément réaliste.
Peut-être un oiseau du jardin transformé.
Ou une espèce entièrement inventée.
On peut inviter l’enfant à réfléchir :
Où vit-il ?
A-t-il un chant particulier ?
Protège-t-il une forêt, une rivière ou un secret ?
Mange-t-il des graines… ou des étoiles ?
Ces petites questions plaisent énormément et rendent la création plus personnelle.
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Une fois l’idée née, vient le moment de peindre.
Et c’est probablement ce que j’aime le plus dans cette activité.
Ici, personne ne cherche le réalisme.
Les couleurs peuvent être inattendues.
Les formes exagérées.
Les ailes immenses.
Les becs étranges.
L’enfant découvre qu’il n’existe pas une seule bonne manière de représenter un oiseau.
Les œuvres de Primachenko nous autorisent à être audacieux.
À remplir la feuille.
À laisser vivre les couleurs.
Puis viennent les détails.
Car ses oiseaux sont souvent entourés ou décorés de motifs inspirés du folklore :
fleurs,
feuilles,
formes répétées,
petits points ou arabesques.
Ces ornements transforment peu à peu l’oiseau en créature poétique.
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Voici une étape que les enfants adorent.
Une fois la peinture terminée, pourquoi ne pas donner un nom à cet oiseau ?
Les noms inventés sont souvent merveilleux.
Et l’activité peut même se prolonger :
écrire une petite carte d’identité,
raconter une légende,
ou imaginer où vit cet animal fantastique.
Nous ne sommes plus seulement dans la peinture.
Mais dans un projet mêlant art, langage et imagination.
Très Freinet, finalement.
Et profondément vivant.
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Ce que j’aime beaucoup dans cette proposition, c’est qu’elle relie plusieurs mondes à la fois.
Les enfants découvrent une artiste réelle et une culture artistique venue d’Ukraine.
Ils observent les oiseaux et les formes du vivant.
Mais surtout, ils expérimentent quelque chose de précieux :
la liberté créative.
Sans modèle rigide.
Sans peur de mal faire.
Et cela me semble particulièrement important.
Je crois que les oiseaux de Maria Primachenko nous rappellent une chose douce :
la nature n’a pas toujours besoin d’être copiée pour être aimée.
Parfois, elle inspire simplement nos rêves.
Un oiseau peut garder la mémoire d’un merle observé dans le jardin… tout en portant des fleurs impossibles sur ses ailes.
Et cette liberté-là mérite d’être protégée.
Découvrir les oiseaux de Maria Primachenko avec les enfants permet de mêler art, culture et imagination dans une activité profondément libre. Entre observation du vivant et création fantastique, ces peintures nous rappellent que l’art peut devenir un merveilleux territoire d’expression et d’émerveillement 🌿
À bientôt sous le tilleul 🌿