Overblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

Préparer les Journées du Patrimoine comme une chasse aux portes habituellement fermées

Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿

Il existe des portes devant lesquelles nous passons sans jamais nous demander ce qu'il y a derrière.

Une grande grille.

Une cour intérieure.

Un escalier aperçu à travers une fenêtre.

Une façade ancienne que nous connaissons depuis toujours.

Un bâtiment devant lequel nous sommes peut-être passés cinquante fois…

sans jamais y entrer.

Et puis, une fois par an, certaines de ces portes s'ouvrent.

Les Journées du Patrimoine arrivent !!!

Cette année en Wallonie, elles auront lieu les samedi 12 et dimanche 13 septembre 2026.

Pendant tout un week-end, des monuments, musées et lieux patrimoniaux proposent gratuitement des visites, animations et découvertes. Certains sont connus. D'autres beaucoup moins. Et quelques-uns offrent justement des accès que nous n'avons pas habituellement.

Alors cette année, plutôt que d'essayer de « faire les Journées du Patrimoine »…

nous allons partir à la chasse.

Avec une seule question :

« Qu'est-ce que nous pouvons voir ce week-end que nous ne pourrions pas voir de la même manière samedi prochain ? »

Une chasse aux portes plutôt qu'une liste de monuments

Avant le week-end, ouvrons le programme en famille.

Mais ne cherchons pas immédiatement :

« Quel monument est le plus important ? »

Cherchons plutôt certains petits mots magiques :

ouverture exceptionnelle ;

accès exceptionnel ;

habituellement inaccessible ;

visite guidée uniquement ce week-end ;

coulisses ;

lieu d'exception ;

gratuit exceptionnellement.

À chaque fois que nous en trouvons un…

nous avons une clé virtuelle. 

Et notre carte au trésor commence à se dessiner.

 

Pourquoi privilégier ce que nous ne pourrons pas refaire facilement ?

Parce que nous aurons toujours la possibilité de revenir dans certains musées.

Un dimanche pluvieux de novembre.

Pendant les vacances.

Au printemps.

Mais une pièce habituellement fermée ?

Une maison privée exceptionnellement accessible ?

Une visite organisée uniquement pendant ces deux journées ?

C'est maintenant ou… peut-être l'année prochaine.

Voilà une manière toute simple de faire un premier tri dans un programme très riche.

Nous pouvons même créer trois catégories :

1) PORTE RARE : normalement inaccessible ;

2) REGARD NOUVEAU : lieu connu mais visite exceptionnelle ;

3) À REVOIR PLUS TARD : lieu intéressant mais accessible facilement toute l'année.

Et tout à coup, choisir devient beaucoup plus facile!

 

Mission n°1 : trouver un endroit devant lequel nous sommes déjà passés

Celui-là me plaît particulièrement.

Cherchons un bâtiment que les enfants ont déjà vu de l'extérieur.

Puis demandons :

« À ton avis, qu'est-ce qu'il y a derrière cette porte ? »

Avant la visite, chacun formule une hypothèse.

Une immense salle ?

Un escalier ?

Des peintures ?

Une cour ?

Des bureaux ?

Des objets anciens ?

Puis nous entrons.

Et nous comparons l'endroit imaginé avec l'endroit réel.

C'est une jolie manière de transformer un bâtiment familier en territoire inconnu.

 

Mission n°2 : trouver la porte la plus difficile à ouvrir le reste de l'année

C'est notre véritable trésor.

Dans le programme, cherchons un lieu dont l'ouverture est explicitement annoncée comme exceptionnelle.

Ce n'est pas nécessairement le monument le plus spectaculaire.

Cela peut être une petite chapelle.

Une maison.

Une salle.

Un atelier.

Un bâtiment administratif.

Une propriété privée.

Un espace généralement réservé à certaines fonctions.

Et c'est justement cela qui est passionnant.

Pendant quelques heures, la ville nous laisse regarder derrière son décor habituel.

 

Mission n°3 : entrer dans un endroit que personne dans la famille ne connaît

Cette fois, pas besoin qu'il soit exceptionnellement fermé le reste de l'année.

Notre règle est simplement :

personne n'y est jamais entré.

Les parents compris.

Parce que les enfants adorent parfois découvrir que les adultes ne connaissent pas davantage la réponse. 😂

Nous entrons donc tous avec la même curiosité.

Pas de guide familial qui sait déjà tout.

Nous découvrons ensemble.

 

Et le Grand Curtius ?

Celui-là constitue un cas un peu différent.

Grand Curtius - Musée à Liège n'est évidemment pas une « porte habituellement fermée ».

Mais pendant les Journées du Patrimoine, la manière de le découvrir change.

Les samedi 12 et dimanche 13 septembre, l'entrée au musée sera gratuite de 10 h à 18 h. L'accès aux collections permanentes ainsi qu'à l'exposition Japonisme et Art nouveau sera lui aussi gratuit pendant tout le week-end.

Et cette exposition possède une jolie histoire liégeoise à raconter.

 

Du Japon jusqu'au Val Saint-Lambert

L'exposition Japonisme et Art nouveau célèbre le bicentenaire du Val Saint-Lambert, dont le premier four fut allumé en 1826.

Elle s'intéresse notamment à la créativité de la cristallerie entre 1880 et 1914 et à l'influence du japonisme et de l'Art nouveau. Elle réunit environ 150 œuvres, notamment des verreries et des objets liés aux arts décoratifs de la Belle Époque. L'exposition se terminera d'ailleurs le 27 septembre 2026 : le week-end du Patrimoine arrive donc à quelques jours seulement de sa fermeture.

Avec les enfants, nous pouvons oublier quelques instants toutes ces dates et entrer avec une mission beaucoup plus simple :

chercher un objet dont la forme nous étonne.

Puis un décor inspiré de la nature.

Une fleur.

Une ligne courbe.

Une couleur inattendue.

Et enfin…

l'objet que nous aimerions emporter chez nous s'il nous était offert. 😂

Pas de panique, monsieur le gardien : nous avons bien dit s'il nous était offert.😁

 

Dix chefs-d'œuvre pour ne pas vouloir tout voir

Le Grand Curtius propose également pendant le week-end une visite commentée consacrée à dix chefs-d'œuvre de ses collections.

Elle aura lieu samedi et dimanche à 14 h et 15 h, durera environ une heure et sera gratuite, mais la réservation est obligatoire. Le parcours traverse une très longue période, de la Préhistoire au milieu du XXe siècle, à travers objets archéologiques, sculptures, peintures et arts décoratifs.

Et j'aime beaucoup l'idée des dix œuvres avec des enfants.

Parce qu'un immense musée peut vite provoquer le syndrome :

« Il faut tout regarder puisque nous sommes venus. »

Non. 😄

Dix objets vraiment observés peuvent laisser beaucoup plus de souvenirs que cent vitrines traversées rapidement.

 

Et La Boverie participe elle aussi

Le même week-end, La Boverie ouvrira gratuitement ses collections de 10 h à 18 h.

Une visite commentée gratuite autour de dix chefs-d'œuvre du nouvel accrochage de la collection permanente est proposée à 11 h, samedi et dimanche, sur réservation obligatoire. Elle permet notamment de rencontrer des œuvres d'Ensor, Delvaux, Magritte, Picasso, Chagall ou Gauguin.

Voilà donc une autre catégorie pour notre chasse :

un lieu que nous connaissons peut-il devenir nouveau simplement parce que quelqu'un nous montre ce que nous n'avions jamais regardé ?

La porte n'est pas toujours physiquement fermée.

Parfois, c'est notre regard qui ne l'avait pas encore ouverte.

 

Une maison de musicien en Outremeuse

Autre possibilité : le Musée Grétry, installé dans la maison natale du compositeur liégeois André-Modeste Grétry.

Son accès sera lui aussi gratuit les 12 et 13 septembre, de 10 h à 18 h. On y découvre notamment des objets personnels, des lettres, des partitions et des instruments liés au compositeur et à son époque.

Et avec un enfant, l'idée d'entrer dans la maison où quelqu'un est réellement né au XVIIIe siècle peut être plus parlante qu'une longue introduction historique.

Regardons d'abord la maison.

Quelle taille ont les pièces ?

À quoi ressemblent les fenêtres ?

Qu'est-ce qui nous semble ancien ?

Qu'est-ce qui pourrait encore exister dans une maison actuelle ?

Puis seulement, rencontrons celui qui y est né.

 

Une drôle de porte : entrer dans l'histoire de la lumière

Il y a également le MULUM, Musée liégeois du Luminaire, rue Mère-Dieu.

Pendant le week-end, l'entrée y sera gratuite de 10 h à 17 h. Sa collection retrace l'histoire de l'éclairage depuis la Préhistoire jusqu'au XXIe siècle et comprend plus de mille pièces.

Et là, je vois immédiatement une mission familiale :

« Trouve la lampe avec laquelle tu aurais le moins aimé devoir éclairer ta maison. » 😂

Puis :

« Trouve celle que tu trouves la plus belle. »

Et enfin :

« À partir de quand reconnais-tu quelque chose qui ressemble aux lampes que nous utilisons aujourd'hui ? »

Nous venons de transformer l'histoire des techniques en enquête!

 

Regarder aussi les bâtiments du pouvoir

À Liège, le programme touristique annonce également pour les 12 et 13 septembre une découverte de l'hôtel de ville autour de la manière dont le pouvoir se met en scène dans le bâtiment.

Et voilà une nouvelle question formidable pour les enfants :

« Comment un bâtiment peut-il montrer que les personnes qui l'occupent sont importantes ? »

Un grand escalier ?

Un plafond très haut ?

Des portraits ?

Des dorures ?

Des armoiries ?

Des portes immenses ?

Des matériaux coûteux ?

Tout à coup, l'architecture commence à parler.

 

Ne surtout pas transformer le week-end en marathon

C'est probablement le piège des Journées du Patrimoine.

Nous regardons le programme.

Nous découvrons dix endroits intéressants.

Puis quinze.

Puis vingt.

Et soudain notre samedi ressemble à une tournée militaire du patrimoine wallon. 😂

9 h 02 : église.

10 h 17 : hôtel particulier.

11 h 46 : musée.

13 h 03 : avaler un sandwich en courant.

Non.

Choisissons peut-être deux ou trois portes.

Une véritable ouverture exceptionnelle.

Un lieu connu à regarder autrement.

Et éventuellement une découverte complètement imprévue.

Ce sera largement suffisant.

 

Construire notre itinéraire avant le week-end

Prenons une carte.

Plaçons les lieux retenus.

Et regardons :

sont-ils proches ?

Peut-on les relier à pied ?

Devons-nous traverser la Meuse ?

Y a-t-il un endroit agréable où manger entre deux visites ?

Voilà que la préparation du week-end devient elle-même une activité.

Avec un enfant plus grand, nous pouvons même lui confier la mission :

« Voici trois endroits. Dans quel ordre devrions-nous les visiter pour éviter les détours ? »

Nous venons discrètement d'introduire :

la géographie,

la lecture de carte,

la distance,

l'organisation du temps.

Tout cela pour aller regarder de vieilles pierres. 😄

 

Repérer les deux mots qui changent tout : « sur réservation »

Avant de tomber amoureux d'un programme, regardons bien les modalités.

Certaines découvertes sont en accès libre.

D'autres possèdent des horaires précis.

Et certaines nécessitent une réservation obligatoire.

Au Grand Curtius, par exemple, les visites « 10 chefs-d'œuvre » de 14 h et 15 h doivent être réservées. Il en va de même pour la visite de 11 h à La Boverie.

Donc notre chasse commence quelques jours avant :

1. choisir ;
2. vérifier ;
3. réserver lorsque c'est nécessaire ;
4. seulement ensuite construire l'itinéraire.

Cela évitera d'arriver triomphalement devant notre fameuse porte secrète…

pour découvrir qu'elle est complète. 😂

 

Avec les petits : chercher les détails extraordinaires

Un jeune enfant n'a pas besoin de connaître l'histoire complète du bâtiment.

Donnons-lui plutôt des missions visuelles :

trouve une porte plus grande que celle de notre maison ;

cherche un animal sculpté ;

repère quelque chose de doré ;

trouve la fenêtre la plus étrange ;

cherche une lettre ou une date gravée ;

repère un objet dont tu ignores complètement l'usage.

Et chaque fois que quelque chose l'intrigue, prenons le temps de nous arrêter.

La curiosité est déjà une manière d'entrer dans le patrimoine.

 

Avec les plus grands : chercher les traces

Pour les plus grands, nous pouvons poser une question supplémentaire :

« Comment savons-nous que cet endroit est ancien ? »

Pas simplement :

« Parce que le guide l'a dit. »

Cherchons des preuves.

Un matériau.

Une inscription.

Une date.

Une technique de construction.

Une usure.

Un blason.

Une photographie ancienne.

Une modification visible.

Une partie restaurée.

Nous passons alors de la visite à l'enquête historique.

 

Photographier une porte fermée… puis ouverte

Voilà un joli souvenir à fabriquer.

Avant d'entrer dans un lieu exceptionnel, photographions sa porte ou sa façade.

Puis, une fois à l'intérieur, photographions un seul détail qui nous surprend.

Deux images.

L'extérieur que tout le monde peut voir.

Et ce que nous avons découvert derrière.

À la fin du week-end, nous pourrons créer un petit album :

« Derrière les portes de Liège – septembre 2026 ».

Pas besoin de cinquante photographies.

Quelques portes suffiront.

 

La vraie question : pourquoi cette porte est-elle habituellement fermée ?

C'est une question passionnante.

Un lieu peut être fermé parce qu'il est :

privé,

fragile,

en activité,

difficile à sécuriser,

trop petit pour accueillir continuellement du public,

utilisé pour une fonction particulière.

Tout le patrimoine n'est pas un musée.

Et c'est précisément l'une des choses que ces journées permettent de comprendre.

Conserver un lieu ne signifie pas nécessairement le laisser ouvert en permanence.

Certains bâtiments continuent de vivre.

D'autres nécessitent d'être protégés.

Certains ne peuvent accueillir du public qu'occasionnellement.

La porte fermée fait parfois elle-même partie de leur conservation.

 

Et après le week-end ?

Une fois les Journées du Patrimoine terminées, regardons notre propre quartier.

Combien de bâtiments passons-nous chaque semaine sans les voir ?

Une ancienne maison.

Une école.

Une église.

Une usine reconvertie.

Une plaque commémorative.

Une façade Art nouveau.

Un vieux portail.

Un ancien commerce dont l'inscription est encore visible.

Nous pouvons alors inventer une nouvelle chasse :

« Quelle porte de notre quartier aimerions-nous pouvoir ouvrir ? »

Nous ne pourrons évidemment pas entrer. 😄

Mais nous pouvons chercher son histoire.

Et le patrimoine cesse d'être quelque chose que l'on visite uniquement pendant un week-end.

Il devient une manière de regarder la ville.

 

Sous le tilleul 🌿

Il y a quelque chose d'un peu magique dans une porte habituellement fermée qui s'ouvre.

Nous franchissons le seuil.

Et pendant quelques minutes, la ville que nous pensions connaître devient plus grande.

Il existait donc une salle derrière cette façade.

Un escalier derrière cette grille.

Un jardin derrière ce mur.

Une histoire derrière cette maison.

Le patrimoine n'est alors plus seulement une collection de monuments dont il faudrait retenir les dates.

Il devient une accumulation de questions :

Qui est passé ici ?

Pourquoi a-t-on construit cela ?

Qu'y avait-il derrière cette porte ?

Pourquoi l'avons-nous conservé ?

Les 12 et 13 septembre, nous pourrions essayer de voir énormément de choses.

Mais je préfère une autre idée.

Choisir quelques portes.

Les ouvrir lentement.

Et rentrer le dimanche soir avec cette étrange impression :

Liège avait encore des pièces secrètes dont nous ignorions l'existence. 

 

À bientôt sous le tilleul 🌿

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article