Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿
Il existe des habitudes familiales qui commencent presque par accident.
Un dimanche où l’on ne sait pas très bien quoi faire.
Une exposition dont on entend parler au dernier moment.
Un musée devant lequel on est passé cent fois sans jamais pousser la porte.
Et puis un jour, on découvre une petite information qui pourrait bien changer plusieurs dimanches de l’année :
le premier dimanche du mois, de nombreux musées de Wallonie et de Bruxelles sont accessibles gratuitement.
Pas une promotion exceptionnelle.
Pas un week-end particulier.
Pas un concours à gagner.
Tous les mois.
Et puisque le premier dimanche d’octobre tombe cette année le 4 octobre 2026, je me suis demandé quelque chose.
Et si, plutôt que de considérer cette gratuité comme un bon plan que l’on utilise une fois avant de l’oublier…
nous en faisions un rituel ?
Le premier dimanche du mois = journée musée.
Un musée.
Une petite partie réellement regardée.
Un goûter glissé dans le sac.
Et presque aucun budget nécessaire.
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La mesure n’est pourtant pas nouvelle.
Depuis le 1er janvier 2013, les musées et institutions muséales reconnus par la Fédération Wallonie-Bruxelles doivent permettre l’accès gratuit le premier dimanche du mois. D’autres établissements ont choisi de rejoindre volontairement le mouvement.
Aujourd’hui, Arts&Publics recense environ 160 musées gratuits le premier dimanche à Bruxelles, en Wallonie et dans l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai.
Et la Province de Liège est particulièrement bien lotie.
Dans le guide 2026-2027 d’Arts&Publics, 36 musées de la province figurent parmi les lieux accessibles gratuitement le premier dimanche, auxquels s’ajoutent deux lieux gratuits en permanence.
Tout à coup, douze premiers dimanches par an ne semblent plus tout à fait suffisants. 😂
C’est la petite nuance à connaître avant de préparer le sac.
La mesure concerne avant tout l’accès au musée et à ses espaces récurrents ou collections permanentes.
Une exposition temporaire, une visite guidée ou un atelier particulier peut rester payant.
Certains musées étendent la gratuité beaucoup plus largement.
D’autres non.
Et certains demandent malgré tout une réservation, précisément parce que ces dimanches attirent davantage de visiteurs.
Le meilleur réflexe reste donc très simple :
la veille de chaque premier dimanche, vérifier la page du musée choisi.
Parce qu’un horaire peut changer, un bâtiment peut fermer temporairement et le premier dimanche peut parfois tomber un jour férié.
Notre rituel culturel mérite quand même de ne pas commencer devant une porte fermée. 😂
Je crois que c’est peut-être le plus intéressant.
Lorsqu’une famille paie plusieurs entrées, quelque chose de très compréhensible se produit :
il faut profiter.
Nous avons payé.
Alors nous allons tout voir.
La salle 1.
La salle 2.
La salle 3.
Les enfants commencent à fatiguer.
« Attends, il reste encore tout l’étage ! »
😂
Avec la gratuité, toute cette logique disparaît.
Nous pouvons entrer dans un immense musée et décider que, cette fois, nous ne regarderons qu’une seule salle.
Ou dix objets.
Ou même un seul tableau particulièrement longtemps.
Et revenir le mois suivant.
C’est quelque chose que j’aimerais particulièrement transmettre aux enfants.
On ne « réussit » pas une visite parce que l’on a parcouru chaque couloir.
Imaginez le Louvre.
Personne ne demanderait raisonnablement à un enfant de comprendre plusieurs millénaires d’histoire de l’art entre 14 h et 17 h 30. 😂
Pourquoi nous imposons-nous parfois la même chose dans des musées plus petits ?
Je préfère énormément cette règle :
un musée, une salle, une découverte.
Si nous en voyons davantage : merveilleux.
Mais ce n’est pas obligatoire.
Un mois, nous pourrions aller au Grand Curtius uniquement pour regarder l’art mosan.
Un autre pour le verre.
Un autre encore pour l’archéologie.
Le bâtiment n’aura pas bougé.
Nous pourrons revenir.
Et précisément parce que nous pouvons revenir gratuitement chaque mois, le musée commence à devenir un lieu familier plutôt qu’une sortie exceptionnelle qu’il faudrait « consommer » entièrement.
Voici la partie de cet article que j’ai envie de conserver moi-même et de retrouver chaque mois.😊
Les horaires peuvent évidemment changer : je vérifierai donc toujours les informations pratiques avant de partir.
Musée de la Vie wallonne
Probablement l’un des plus faciles à fractionner en petites visites : vie quotidienne, métiers, croyances, fêtes, artisanat, objets, histoire sociale…
Les collections permanentes sont gratuites le premier dimanche.
Grand Curtius
Ici, surtout, je n’essaierais jamais de tout voir !
Archéologie, art religieux et mosan, arts décoratifs, verre, armes…
Sa collection permanente est gratuite le premier dimanche.
La Boverie
Idéale pour faire du premier dimanche un rendez-vous avec la peinture.
On pourrait choisir seulement trois tableaux, une couleur ou un artiste.
Les collections permanentes sont accessibles gratuitement le premier dimanche.
Archéoforum de Liège
Voilà une sortie qui change complètement du musée classique.
Sous la place Saint-Lambert, on descend littéralement dans l’histoire de Liège et dans plusieurs milliers d’années d’occupation du site.
Le lieu ouvre spécialement le premier dimanche du mois.
Aquarium-Muséum et Maison de la Science
Voilà un énorme bon plan familial.
Poissons, sciences, expériences, curiosités…
Attention cependant : la réservation peut être obligatoire lors des premiers dimanches gratuits.
C’est donc typiquement le musée que je noterais dans mon carnet avec un gros :
« réserver avant ! »
😂
Musée des Transports en commun de Wallonie
Tramways, autobus, trolleybus et histoire des déplacements.
Voilà encore un endroit où nous pourrions parfaitement revenir plusieurs fois sans faire la même visite.
Attention également aux périodes d’ouverture et à la réservation.
Trinkhall Museum
Un musée particulièrement intéressant pour découvrir des créations qui sortent parfois des chemins artistiques les plus habituels.
Une belle possibilité pour parler avec les enfants de création, de différence et de notre manière de regarder une œuvre.
La Cité Miroir
Un lieu que l’on peut facilement revisiter selon les expositions et les parcours.
Les parcours permanents peuvent être accessibles gratuitement le premier dimanche, mais les expositions temporaires ne le sont pas nécessairement.
Voilà encore une bonne raison de vérifier avant de partir.
Maison de la Métallurgie et de l’Industrie
Métallurgie, énergie, machines, industrie et histoire ouvrière…
Une facette essentielle de l’histoire de Liège.
Et un lieu qui peut passionner les enfants beaucoup plus qu’on ne l’imagine lorsque l’on prend le temps de regarder les mécanismes et les anciennes machines.
MULUM – Musée du Luminaire
Un musée plus petit.
Et justement, parfois c’est exactement ce qu’il faut.
Pas besoin de prévoir une sortie de quatre heures.
Quelques lampes anciennes, des histoires d’éclairage, l’évolution de la lumière dans les maisons et dans les rues…
Voilà déjà énormément de choses à observer.
Musée Grétry
Installé dans la maison natale du compositeur André-Modeste Grétry.
Une jolie manière de consacrer un dimanche à la musique, au XVIIIe siècle et à la vie d’un musicien liégeois.
Trésor de la cathédrale
Un très beau lieu pour découvrir le patrimoine religieux et artistique liégeois.
Orfèvrerie, textiles, sculptures, objets anciens…
Là encore, inutile de tout expliquer aux enfants.
Choisir un seul objet étrange ou magnifique peut suffire à commencer une conversation.
Musée en plein air du Sart Tilman
Celui-ci, je le garderais pour les journées où nous avons envie d’art…
mais surtout besoin de marcher.
Les œuvres sont dispersées dans le domaine universitaire.
On peut donc mêler promenade, nature et découvertes artistiques.
Et tout à coup, le musée n’a même plus de murs.
Le panorama de la Cité administrative
Ce n’est pas à proprement parler un musée, mais je le note quand même dans mon carnet des premiers dimanches.
La terrasse du 18e étage permet d’observer Liège d’en haut.
La Meuse.
Les ponts.
Les rues.
Les collines.
Les monuments.
Une sortie gratuite qui peut devenir une magnifique petite leçon de géographie urbaine sans que personne n’ouvre un manuel.
Musée d’Ansembourg
À conserver dans notre liste pour plus tard.
Le musée reste actuellement fermé.
Mais je ne l’efface pas de mon carnet.
Un jour, ses portes rouvriront.
Et ce sera justement une nouvelle sortie à découvrir.
Et c’est là que je trouve cette idée formidable.
Nous pourrions presque choisir un lieu différent chaque premier dimanche pendant plus d’un an.
Sans quitter Liège.
Et si l’on ajoute les musées de toute la province…
le petit carnet risque rapidement de devenir beaucoup plus épais. 😂
Voilà ce que j’aime dans l’idée d’un rendez-vous mensuel.
Il n’y a plus besoin de trouver le musée qui mérite le déplacement.
Ils le méritent chacun pour des raisons différentes.
Un mois peut être consacré aux poissons.
Le suivant aux tramways.
Puis aux objets de la vie quotidienne.
À une peinture.
À l’archéologie sous nos pieds.
À la lumière.
À l’industrie.
À la musique.
À l’art contemporain.
Et soudain, au bout d’une année, les enfants auront rencontré énormément de domaines sans que nous ayons jamais annoncé :
« Cette année, nous allons étudier douze disciplines culturelles. »
Heureusement. 😂
Nous serons simplement sortis un dimanche par mois.
Vingt minutes.
Trente minutes.
Quarante-cinq si tout le monde est bien.
Cela suffit.
Un jeune enfant qui ressort d’un musée en ayant encore envie d’y revenir apprend peut-être davantage qu’un enfant que l’on a traîné pendant trois heures jusqu’à ce qu’il associe définitivement le mot musée à une immense fatigue.
On peut entrer avec une seule mission :
« Aujourd’hui, chacun choisit quelque chose qu’il voudrait dessiner en rentrant. »
Ou :
« Cherchons tous les animaux. »
Ou :
« Trouvons l’objet le plus ancien. »
Ou encore :
« Quel tableau aimerais-tu accrocher dans ta chambre ? »
Cela suffit déjà à apprendre à regarder.
Je changerais simplement la question.
Quel objet raconte le mieux son époque ?
Pourquoi a-t-on conservé celui-ci ?
Qu’est-ce qu’un musée décide de montrer… et qu’est-ce qu’il ne montre pas ?
Comment sait-on l’âge d’un objet archéologique ?
Pourquoi cette peinture est-elle considérée comme une œuvre importante ?
Un musée peut facilement devenir une séance d’histoire, de sciences, d’art, de géographie ou même d’esprit critique sans jamais avoir besoin d’une fiche d’exercices.
C’est probablement l’une des choses que j’aime le plus dans les apprentissages culturels :
le monde fournit déjà énormément de matériel pédagogique.
Je crois que je vais aimer garder un petit carnet réservé à ces dimanches.
Une page par visite.
La date.
Le nom du musée.
Une chose qui nous a surpris.
L’objet ou l’œuvre préféré de chacun.
Éventuellement un ticket, un petit dépliant ou un dessin.
Pas un compte rendu scolaire.
Pas « raconte ta visite en dix lignes ».
Juste une trace.
Imaginez ce carnet après deux ans.
Vingt-quatre dimanches.
Vingt-quatre lieux ou parties de musées.
Des dessins enfantins qui changent.
Des goûts qui évoluent.
Une œuvre dont personne ne se souvient sauf l’un des enfants.
Une locomotive.
Un poisson.
Une statue.
Une vieille lampe.
Une armure.
Un tableau bleu.
Ce serait presque un journal culturel de famille.
Lui aussi fait partie du rituel.
Mais je le préparerais à la maison.
Quelques biscuits.
Un morceau de gâteau.
Des fruits.
Les gourdes.
Puis, après le musée, un banc, un parc ou une promenade lorsque la météo le permet.
La sortie culturelle ne coûte alors pratiquement rien de plus qu’une journée ordinaire.
Et j’aime énormément cette idée parce qu’elle remet aussi en question quelque chose :
faire vivre beaucoup de choses aux enfants ne signifie pas obligatoirement dépenser beaucoup d’argent.
Un musée gratuit.
Un goûter dans le sac.
Une promenade.
Voilà déjà une journée dont on peut se souvenir.
Évidemment, il serait très facile de faire exactement l’inverse. 😂
« C’est gratuit aujourd’hui ! Vite ! Faisons-en trois ! »
Non.
Le but n’est pas de battre un record.
Si nous voulons construire un rapport durable aux musées, je préfère mille fois quitter un lieu trop tôt que trop tard.
La gratuité offre justement ce luxe extraordinaire :
nous pouvons revenir.
Je regarderais simplement l’envie du jour.
Besoin de quelque chose de très concret et familial ?
Les transports, les sciences ou la vie quotidienne.
Envie d’art ?
La Boverie ou le Trinkhall.
Envie d’histoire liégeoise ?
Le Grand Curtius ou l’Archéoforum.
Envie d’une sortie courte ?
Un petit musée plutôt qu’un énorme établissement.
Envie de marcher ?
Le Sart Tilman ou le panorama de la Cité administrative.
Et le plus beau dans tout cela, c’est que nous n’avons pas besoin de choisir définitivement.
Le mois prochain, on en prendra un autre.
Puis encore un autre.
Ce dimanche, choisir un seul musée.
Et s’interdire de vouloir tout voir.
Entrer.
Choisir une salle.
Regarder vraiment.
Puis sortir lorsque l’attention commence à disparaître.
Prendre le goûter apporté de la maison.
Et avant de rentrer, demander simplement :
« Qu’est-ce que tu aimerais venir voir la prochaine fois ? »
Pas :
« Qu’as-tu appris ? »
Pas :
« Tu as aimé le musée ? »
Mais :
« Qu’est-ce que tu voudrais encore découvrir ? »
Peut-être que c’est ainsi que commence une habitude culturelle.
J’aime de plus en plus les traditions familiales qui ne demandent presque rien.
Pas de matériel à acheter.
Pas de grande organisation.
Pas de calendrier rempli six mois à l’avance.
Simplement un repère.
Le premier dimanche du mois arrive.
Alors nous regardons la liste.
Cette fois, où allons-nous pousser la porte ?
Au fil des mois, les lieux deviendront familiers.
On reconnaîtra l’entrée.
La dame de l’accueil.
Une salle déjà traversée.
Un tableau revu.
Et peut-être qu’un jour les enfants ne diront même plus :
« On va au musée ? »
Ils demanderont :
« C’est bientôt le premier dimanche ? »
Et là, je crois que le petit bon plan économique aura fait beaucoup plus que nous économiser quelques entrées.
Il aura installé la culture dans le calendrier ordinaire de la famille.
Pas comme quelque chose d’exceptionnel.
Mais comme une habitude.
À bientôt sous le tilleul 🌿