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Dîner à la lumière qui baisse : profiter des derniers repas où septembre permet encore de laisser les fenêtres ouvertes

Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿

Il y a quelques semaines encore, nous pouvions terminer le dîner sans penser une seule seconde à allumer une lampe.

La lumière entrait largement par les fenêtres.

Le soir semblait avoir tout son temps.

Et puis septembre arrive.

Rien de spectaculaire.

Les arbres sont encore verts.

Certains après-midi sont chauds.

Les fenêtres restent ouvertes.

On entend encore les bruits de la rue, du jardin ou des oiseaux pendant que l'on prépare le repas.

Et pourtant…

un tout petit quelque chose a changé.

À l'heure où nous nous mettons à table, la lumière commence déjà à descendre.

Pas assez pour parler des longues soirées d'automne.

Pas encore.

Simplement assez pour nous faire remarquer que les jours raccourcissent.

Alors, un soir où l'air est encore doux, pourquoi ne pas faire de ce changement presque imperceptible…

le décor du dîner ?

Ce soir, nous n'allumerons pas tout de suite

L'idée est extrêmement simple.

Choisissons un soir de septembre suffisamment doux pour laisser les fenêtres ouvertes.

Préparons le repas comme d'habitude.

Puis, au moment de passer à table :

n'allumons pas encore la lumière.

Pas de grande suspension au-dessus de la table.

Pas de télévision qui éclaire un coin de la pièce.

Pas d'écran de téléphone posé à côté de l'assiette.

Commençons simplement le repas avec la lumière qui vient encore de dehors.

Au départ, cela semblera parfaitement normal.

Puis, minute après minute…

la pièce changera.

 

Ouvrir grand les fenêtres

Avant de nous asseoir, ouvrons les fenêtres si la température et l'environnement le permettent.

Pas seulement pour faire entrer de l'air.

Pour laisser entrer le soir.

Nous entendrons peut-être une voiture passer.

Des enfants qui jouent encore dehors.

Un chien.

Des oiseaux.

Le vent dans un arbre.

Des conversations lointaines.

Selon l'endroit où nous vivons, ce sera le bruit d'un jardin, d'une rue, d'une cour, d'un village ou d'une ville.

Il n'est pas nécessaire d'habiter au milieu des champs pour remarquer septembre.

La saison entre aussi par une fenêtre d'appartement.

 

Et les écrans ?

Pour ce repas-là, essayons une petite expérience.

Éteignons-les.

La télévision.

Les téléphones.

La tablette.

Non pas parce qu'un dîner familial devrait devenir une cérémonie solennelle où personne n'ose demander le sel. 😂

Mais parce que les écrans produisent leur propre lumière.

Une lumière suffisamment forte pour nous empêcher parfois de remarquer celle qui disparaît autour de nous.

Ce soir, nous allons regarder la pièce s'assombrir réellement.

Et cela demande finalement assez peu de choses :

une fenêtre,

un repas,

et un peu d'attention.

 

Au début du repas, tout est encore clair

Observons la table lorsque nous nous asseyons.

Les couleurs des aliments.

Les verres.

Les visages.

Les ombres.

Le mur en face de nous.

La lumière est-elle encore blanche ?

Dorée ?

Entre-t-elle directement dans la pièce ou seulement par reflet ?

Y a-t-il un endroit de la table plus lumineux qu'un autre ?

Puis continuons simplement à manger.

Pas besoin de commenter chaque changement.

Ce n'est pas un exercice.

Laissons le soir faire son travail.

 

Et soudain, quelqu'un dira peut-être…

« On n'y voit plus très bien. »

Voilà.

C'est ce moment que nous attendions.

Pas une heure précise.

Pas une alarme.

Pas un horaire écrit sur un calendrier.

Simplement le moment où notre propre corps nous fait comprendre :

la lumière naturelle ne suffit plus.

Et plutôt que d'allumer immédiatement toutes les lampes de la pièce…

commençons par une seule.

 

Une petite lampe plutôt que le grand éclairage

Une lampe posée sur un meuble.

Une petite lumière dans un coin.

Une lampe de table suffisamment éloignée des assiettes pour ne pas éblouir.

Puis, si cela devient nécessaire, une deuxième.

La pièce ne passe donc pas brutalement :

du jour à l'éclairage électrique.

Elle traverse doucement plusieurs lumières.

Celle du dehors.

Puis le crépuscule.

Puis nos petites lampes.

Et tout à coup, nous remarquons quelque chose que l'interrupteur principal nous permet habituellement d'oublier :

la nuit est arrivée pendant que nous mangions.

 

Pas besoin de transformer septembre en novembre

Évidemment, lorsqu'on parle d'un dîner dans une lumière douce, l'image arrive vite :

des bougies,

un gros plaid,

une soupe fumante,

des feuilles orange sur la table…

😂

Mais justement, non.

Pas encore.

Septembre possède sa propre atmosphère.

Nous pouvons encore dîner avec une salade.

Des tomates.

Une tarte aux légumes.

Un morceau de pain.

Quelques crudités.

Un plat simple qui raconte encore la fin de l'été.

La fenêtre est ouverte.

L'air n'est pas froid.

Et notre petite lampe n'annonce pas encore l'hiver.

Elle accompagne seulement un soir qui tombe désormais un peu plus tôt.

Je trouve cet entre-deux suffisamment beau pour ne pas essayer de le déguiser en automne.

 

Regarder septembre tel qu'il est

Nous associons facilement les saisons à quelques images très fortes.

L'été ?

Grand soleil.

L'automne ?

Feuilles orange.

L'hiver ?

Neige.

Le printemps ?

Fleurs.

Mais dans la réalité, une saison ne change jamais aussi proprement.

Début septembre, beaucoup d'arbres sont toujours entièrement verts.

Les journées peuvent encore être très agréables.

Certaines fleurs d'été sont toujours là.

Pourtant, la durée du jour diminue déjà nettement par rapport au cœur de juin.

C'est peut-être cela, le véritable paysage de septembre :

pas encore les grandes transformations visibles, mais une accumulation de petits indices.

Et la lumière du soir en fait partie.

 

Le jour raccourcit-il vraiment si vite ?

Oui.

Depuis le solstice de juin, dans l'hémisphère Nord, la durée du jour diminue progressivement.

Et autour de septembre, cette évolution devient particulièrement perceptible.

Nous n'avons d'ailleurs pas besoin de sortir un tableau d'heures de coucher du soleil pour le constater.

Les enfants peuvent le remarquer dans leur propre quotidien.

En plein été :

« Mais il fait encore jour et je dois déjà aller dormir ! »

Puis, quelques semaines plus tard :

« Il fait déjà presque noir ! »

Le ciel est devenu notre horloge.

 

Une expérience toute simple avec les enfants

Au début du repas, demandons :

« À ton avis, fera-t-il encore clair lorsque nous aurons terminé ? »

Et c'est tout.

Pas besoin d'interrompre le dîner toutes les trois minutes.

À la fin, regardons à nouveau dehors.

La prédiction était-elle juste ?

Puis, quelques jours plus tard, nous pouvons recommencer à peu près à la même heure.

La lumière est-elle identique ?

Petit à petit, les enfants découvrent quelque chose de très concret :

la durée du jour n'est pas la même toute l'année.

Ce n'est plus seulement une phrase apprise.

Ils l'ont vue arriver sur leur table.

 

De quelle couleur est le soir ?

Voilà une question qui semble toute simple.

Et pourtant…

regardons.

La lumière du soir est-elle vraiment simplement « jaune » ?

Peut-être verrons-nous :

du doré,

du rose,

du gris,

du bleu,

du mauve,

de l'orange,

ou presque aucune couleur spectaculaire certains soirs.

Un ciel couvert peut être tout aussi intéressant qu'un grand coucher de soleil.

Et observons également ce que cette lumière fait à l'intérieur de la maison.

Un mur blanc peut devenir crème.

Une table en bois paraît plus chaude.

Un verre attrape un reflet.

Une assiette change légèrement de couleur.

Les ombres s'allongent puis disparaissent.

Nous retrouvons presque notre promenade photographique à la recherche de la lumière de septembre.

Sauf que cette fois…

nous sommes assis autour de la table.

 

Et quand la lumière baisse, entend-on davantage ?

Essayons.

Pendant quelques secondes, cessons de parler.

Écoutons ce qui entre par la fenêtre.

Les bruits sont-ils les mêmes qu'en pleine journée ?

Certains oiseaux se font-ils entendre ?

Les voitures semblent-elles plus présentes ?

Entendons-nous des insectes ?

Des voix ?

Le vent ?

Il arrive quelque chose d'assez étrange lorsque nous décidons volontairement d'écouter :

un endroit que nous pensions connaître devient soudain beaucoup plus peuplé de sons.

Le soir n'est donc pas seulement une modification de lumière.

C'est toute une ambiance qui change.

 

Le repas lui-même peut rester très simple

Je ne préparerais surtout pas un menu extraordinaire pour cette soirée.

Le rituel fonctionne justement parce qu'il peut rejoindre la vraie vie familiale.

Une omelette.

Des tartines.

Une salade de tomates.

Des légumes rôtis.

Des pâtes.

Une quiche.

Quelques restes transformés en dîner.

Ce n'est pas le contenu des assiettes qui rendra cette soirée différente.

C'est notre manière d'être là.

Et peut-être est-ce justement ce qui la rend facilement reproductible.

Nous n'avons rien à acheter.

Rien à réserver.

Presque rien à préparer.

Nous utilisons simplement un phénomène qui allait avoir lieu de toute façon.

Le soleil allait se coucher avec ou sans nous. 😉

 

Observer le même endroit quelques semaines plus tard

Choisissons un point de repère visible depuis la table.

Un arbre.

Un toit.

Un immeuble.

Une colline.

Un morceau de ciel.

Au début de septembre, regardons-le pendant le dîner.

Puis recommençons à la fin du mois, à une heure similaire.

Il est possible que la différence soit frappante.

La lumière que nous avions encore au début du repas quelques semaines auparavant aura peut-être déjà disparu.

Et nous aurons fabriqué, sans presque nous en rendre compte, une petite expérience sur le passage du temps.

 

Noter simplement l'heure où nous avons allumé la première lampe

Pour ceux qui aiment garder des traces, voilà un joli petit rituel.

Une fois par semaine en septembre, notons :

la date,

l'heure du début du dîner,

et l'heure à laquelle quelqu'un a demandé :

« On allume ? »

Ce ne sera évidemment pas une mesure scientifique parfaite.

La météo change.

Un ciel couvert assombrit davantage la pièce.

L'orientation de la maison compte.

Mais ce n'est pas grave.

Nous ne cherchons pas à remplacer un observatoire astronomique avec notre lampe de salon. 😂

Nous fabriquons simplement la chronique lumineuse de notre maison.

Et je trouve l'idée assez jolie.

 

Un dîner où personne n'a besoin de « réussir » quoi que ce soit

C'est peut-être ce que j'aime le plus dans ce genre de petit rituel familial.

Il n'y a rien à produire.

Pas de bricolage à terminer.

Pas de fiche.

Pas de résultat à photographier absolument.

Pas même besoin que les enfants soient fascinés par le coucher du soleil pendant quarante-cinq minutes.

Ils peuvent raconter leur journée.

Rire.

Renverser leur verre.

Demander trois fois s'il reste du pain. 😂

La vie continue.

Nous avons simplement retiré quelques distractions pour laisser une chose ordinaire redevenir visible :

le soir qui tombe.

 

Sous le tilleul 🌿

Nous passons parfois beaucoup de temps à chercher des rituels.

Nous les préparons.

Nous achetons de quoi les créer.

Nous imaginons une décoration.

Nous organisons un moment particulier.

Et pourtant, certains des plus beaux existent déjà.

Le soleil se lève.

La lumière traverse une fenêtre.

Le soir tombe.

Les saisons avancent.

Nous n'avons rien à inventer.

Seulement à être là de temps en temps pour le remarquer.

Bientôt, les fenêtres resteront davantage fermées.

Nous allumerons les lampes avant même de passer à table.

Les soirées auront une autre atmosphère.

Et nous l'aimerons certainement aussi.

Mais ce soir…

l'air de septembre entre encore dans la maison.

Le dîner a commencé dans la lumière du jour.

Puis les visages se sont doucement assombris.

Une petite lampe s'est allumée.

Et dehors, presque sans que nous nous en apercevions,

l'été a perdu encore quelques minutes de lumière...

 

À bientôt sous le tilleul 🌿

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