Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿
Depuis plusieurs semaines, je vous emmène à la découverte de ces femmes et de ces hommes qui ont profondément marqué l'histoire de l'éducation.
Chacun possède sa sensibilité.
Chacun éclaire une facette différente de l'enfance.
Après avoir rencontré Janusz Korczak, Emmi Pikler, Célestin Freinet, Ovide Decroly, Friedrich Fröbel, Charlotte Mason, Antoine de La Garanderie, Maria Montessori ou encore Rudolf Steiner, notre voyage nous emmène aujourd'hui dans une ville du nord de l'Italie.
Reggio Emilia.
Et cette fois, notre histoire commence d'une manière un peu différente.
Parce que nous n'allons pas véritablement découvrir la méthode d'un homme.
Nous allons découvrir une aventure collective.
Des enfants.
Des éducateurs.
Des familles.
Une municipalité.
Des citoyens.
Et notamment des femmes qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ont participé à la création de nouvelles écoles pour leurs enfants.
Au cœur de cette histoire apparaît néanmoins un homme dont la pensée deviendra indissociable de cette expérience :
Et une idée extraordinaire :
Pas cent langues au sens de français, italien ou anglais.
Cent façons de penser.
De chercher.
De dessiner.
De construire.
De parler.
De modeler.
De danser.
D'observer.
D'imaginer.
De comprendre le monde.
Et peut-être…
cent et une.
😂
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Loris Malaguzzi naît en 1920 à Correggio, en Italie, et grandit à Reggio Emilia.
Il se forme à l'enseignement puis obtient en 1946 un diplôme universitaire en pédagogie.
Mais sa formation ne se limite pas à l'éducation.
Il s'intéresse au théâtre.
Au cinéma.
À l'art.
Au journalisme.
À la psychologie.
À la politique.
À la culture.
Une curiosité extrêmement large qui se retrouvera plus tard dans sa manière de penser l'enfance.
Après la guerre, quelque chose de remarquable se produit autour de Reggio Emilia.
Des communautés locales, et notamment des femmes réunies au sein de l'Union des femmes italiennes, créent et gèrent des écoles maternelles.
L'une de ces expériences voit notamment le jour à Villa Cella.
Des habitants veulent construire une école nouvelle pour leurs enfants après les années de guerre et de fascisme.
Malaguzzi découvre ces initiatives.
Et progressivement, une aventure pédagogique commence.
Voilà pourquoi il serait trompeur de raconter :
Ce serait beaucoup plus simple.
Mais beaucoup moins intéressant.
😂
L'approche Reggio Emilia s'est construite progressivement à travers les expériences des écoles de la ville, les réflexions des éducateurs, les enfants, les familles, les responsables municipaux et le travail de Malaguzzi.
En 1963, la municipalité ouvre sa première école maternelle, Robinson.
Puis d'autres suivent.
En 1971 ouvre le premier nido d'infanzia municipal destiné aux tout-petits, et Malaguzzi coordonnera ensuite les services municipaux de la petite enfance.
Cette origine collective est essentielle.
Parce qu'elle contient déjà l'une des grandes idées de Reggio :
Nous retrouvons ici quelque chose que plusieurs de nos pédagogues auraient certainement approuvé.
L'enfant n'est pas considéré comme un petit être incomplet attendant que l'adulte remplisse sa tête.
Dans l'approche Reggio Emilia, il est envisagé comme un protagoniste actif de son développement, doté de grandes possibilités d'apprentissage et capable de construire du sens dans ses relations avec les autres et avec son environnement.
Autrement dit…
l'enfant ne reçoit pas simplement le monde.
Il observe.
Essaie.
Pose une question.
Émet une hypothèse.
Se trompe.
Recommence.
Discute avec un autre enfant.
Change d'idée.
Dessine ce qu'il pense.
Construit quelque chose.
Puis découvre soudain que sa première explication ne fonctionne plus.
Et là…
quelque chose de passionnant commence.
C'est probablement l'idée la plus célèbre de Loris Malaguzzi.
Il lui consacrera un poème devenu emblématique de l'approche Reggio Emilia :
Les « cent » ne doivent évidemment pas être comptés littéralement.
😂
Il s'agit d'une métaphore.
Un enfant possède une multitude de moyens pour penser, comprendre, communiquer et créer.
La parole en est un.
Mais il y a aussi :
le dessin ;
la peinture ;
le mouvement ;
la construction ;
la musique ;
la lumière ;
l'argile ;
le jeu ;
les gestes ;
les histoires ;
les sons ;
les matériaux…
Un enfant peut parfois exprimer par une construction quelque chose qu'il ne saurait pas encore expliquer avec des mots.
Ou comprendre autrement une idée après l'avoir dessinée.
Et je trouve cette idée magnifique.
Imaginons que nous observions un escargot.
Dans une approche très classique, nous pourrions expliquer :
« Voici la coquille. Voici les tentacules. Voici le pied. »
Puis donner une fiche.
Dans une inspiration Reggio…
nous pourrions commencer par demander :
Et écouter.
Peut-être l'enfant répondra :
« Il glisse. »
Un autre :
« Son ventre le pousse. »
Alors nous observons.
Nous dessinons l'escargot.
Nous regardons sa trace.
Nous essayons peut-être de reproduire son déplacement avec notre corps.
Nous modelons un escargot en argile.
Nous photographions les traces.
Puis nous revenons au premier dessin.
Et voilà.
Nous n'avons pas fait :
sciences ;
puis arts plastiques ;
puis langage.
Nous avons utilisé plusieurs langages pour explorer une même question.
C'est ici que Reggio Emilia devient particulièrement intéressant.
L'adulte ne possède pas nécessairement dès le départ un programme parfaitement fermé :
activité 1 → résultat attendu → activité 2 → production finale.
Il observe ce qui intéresse les enfants.
Une ombre sur le mur.
Une flaque.
Un nid.
Une graine.
Un morceau de glace.
Un escargot.
Une question apparaît.
Puis une autre.
Et l'adulte peut proposer du matériel, aménager l'environnement ou introduire de nouvelles possibilités afin de faire avancer la recherche.
Il ne sait pas nécessairement exactement où le projet va conduire.
Et ça…
pour nous autres adultes qui adorons parfois préparer jusqu'au dernier morceau de papier…
😂
demande un petit effort.
Imaginons qu'un enfant demande :
Nous connaissons peut-être la réponse.
Et notre réflexe d'adulte est formidable :
😂
Mais si nous donnons immédiatement l'explication, l'enquête est terminée.
Une posture inspirée de Reggio pourrait plutôt nous conduire à demander :
Puis :
« Comment pourrait-on vérifier ? »
Une lampe apparaît.
Un objet.
Un mur.
On rapproche.
On éloigne.
On mesure.
On photographie.
On dessine.
Un deuxième enfant propose autre chose.
Et progressivement…
L'adulte n'est évidemment pas absent.
Il écoute.
Relance.
Apporte des matériaux.
Formule une question.
Met en relation deux observations.
Mais il essaie de ne pas voler à l'enfant le plaisir de découvrir.
Voilà encore quelque chose que j'aime énormément.
Une question intéressante n'a aucune obligation de tenir dans une séance de quarante-cinq minutes.
Un projet peut durer :
plusieurs jours ;
plusieurs semaines ;
parfois davantage.
Les enfants reviennent à une idée.
La modifient.
L'approfondissent.
La représentent autrement.
Un projet sur les arbres peut commencer avec une feuille ramassée…
puis conduire aux nervures.
À la circulation de l'eau.
Aux racines.
Aux insectes.
À l'écorce.
Aux ombres.
À la représentation d'un arbre.
Aux saisons.
Et c'est justement cela qui rend le projet vivant.
Voilà probablement l'une des pratiques Reggio que je trouve les plus fascinantes.
Pendant que les enfants cherchent, les adultes…
Ils peuvent noter une phrase.
Photographier une construction.
Conserver un dessin.
Recueillir une hypothèse.
Observer l'évolution d'un projet.
Dans les structures de Reggio Emilia, cette documentation pédagogique constitue l'un des fondements officiels de l'approche : elle sert à rendre visibles les processus par lesquels les enfants construisent leurs connaissances.
Et attention :
ce n'est pas simplement fabriquer un joli album souvenir.
😂
La documentation cherche plutôt à montrer :
Comment l'enfant a-t-il pensé ?
Qu'avait-il imaginé au départ ?
Qu'est-ce qui l'a surpris ?
Qu'a-t-il essayé ?
Comment son idée a-t-elle changé ?
Nous documentons donc moins le produit final…
que le chemin qui y mène.
Imaginons qu'un enfant construise un pont avec des blocs.
Il tombe.
Nous photographions la première construction.
L'enfant recommence.
Cette fois, il élargit la base.
Nouvelle photographie.
Le pont tient.
Nous pouvons ensuite regarder les deux images.
L'enfant peut comparer sa propre pensée.
La documentation devient ainsi un véritable outil d'apprentissage.
Et je trouve cela extraordinaire en instruction en famille.
Parce que nous pouvons conserver la trace non seulement de ce que l'enfant sait…
mais de la manière dont il a découvert.
Voilà une expression souvent associée à Reggio Emilia :
Dans les structures de Reggio, une attention considérable est portée aux espaces, à la lumière, aux matériaux, aux possibilités de rencontre et d'exploration ; l'environnement fait officiellement partie des éléments fondamentaux du projet éducatif.
Cela ne signifie pas :
😂
Il n'existe pas de « couleur de mur Reggio » obligatoire.
Il s'agit plutôt de réfléchir :
Que permet cet espace ?
Invite-t-il à chercher ?
Les matériaux sont-ils visibles ?
Peut-on les combiner ?
Les enfants peuvent-ils travailler ensemble ?
La lumière naturelle peut-elle devenir matière d'exploration ?
Peut-on revenir demain sur une construction commencée aujourd'hui ?
L'espace n'est plus simplement l'endroit où l'activité se déroule.
Voilà pourquoi certains environnements inspirés de Reggio utilisent volontiers :
des miroirs ;
des surfaces transparentes ;
des tables lumineuses ;
des projecteurs ;
des matériaux translucides ;
des objets naturels.
Non parce que :
😂
Mais parce que ces éléments permettent de nouvelles recherches.
Que devient une feuille lorsqu'on la regarde à contre-jour ?
Que fait un objet devant un miroir ?
Peut-on superposer deux couleurs transparentes ?
Pourquoi deux ombres apparaissent-elles ?
La lumière elle-même devient un matériau.
Dans les écoles municipales de Reggio Emilia, l'atelier occupe une place particulière.
Ce n'est pas simplement la pièce où l'on sort la peinture le vendredi après-midi.
😂
C'est un espace consacré à la recherche, aux matériaux, aux langages artistiques et à l'expérimentation.
Et il existe même une figure professionnelle caractéristique :
Une personne possédant une formation artistique travaille avec les enfants et les éducateurs.
L'atelier et l'atelierista font aujourd'hui partie des éléments caractéristiques officiellement présentés par Reggio Children.
L'art n'arrive donc pas après les apprentissages.
Il devient une manière de penser.
Argile.
Fil.
Papier.
Carton.
Bois.
Métal.
Feuilles.
Pierres.
Tissus.
Objets récupérés.
Plutôt qu'un matériel qui possède une seule bonne utilisation, Reggio affectionne les matériaux pouvant être explorés et combinés de nombreuses façons.
Un morceau de carton n'annonce pas :
😂
Il demande plutôt :
Et la réponse appartient à l'enfant.
À Reggio Emilia existe d'ailleurs Remida, un centre consacré à la réutilisation créative de matériaux récupérés auprès d'entreprises et destinés à de nouvelles explorations éducatives et culturelles ; il est aujourd'hui installé au Centre international Loris Malaguzzi.
Petites pièces de bois.
Chutes.
Cartons.
Morceaux de matières.
Éléments industriels propres.
Ce qui était destiné à devenir un rebut retrouve une possibilité.
Et là…
je crois que nos boîtes remplies de « ça peut toujours servir pour une activité » viennent soudain d'obtenir une justification pédagogique officielle.
😂😂
Dans Reggio Emilia, apprendre n'est pas uniquement une aventure entre :
un enfant + un adulte.
Les autres enfants comptent énormément.
Un enfant formule une hypothèse.
Un deuxième n'est pas d'accord.
Un troisième propose une solution complètement différente.
Ils construisent.
Discutent.
Négocient.
Se copient parfois.
Transforment l'idée d'un autre.
Le projet éducatif de Reggio considère explicitement l'apprentissage comme un processus qui se construit individuellement et en groupe, par la recherche, l'échange et la discussion.
L'autre n'est donc pas seulement celui qui attend son tour.
Ils ne restent pas derrière la porte.
La participation des familles constitue elle aussi l'un des fondements de l'approche Reggio Emilia.
Et cela rejoint directement l'histoire du mouvement.
Ces écoles se sont construites avec une forte implication de la communauté.
Parents, éducateurs et enfants ne sont pas considérés comme trois mondes complètement séparés.
L'éducation devient une responsabilité partagée.
Voilà un point essentiel.
Reggio Emilia n'est pas une boîte contenant :
10 activités Reggio ;
1 progression ;
7 matériels obligatoires ;
et un diplôme de petit Reggien à la fin.
😂
Il s'agit d'une approche éducative développée dans un contexte culturel, historique et municipal particulier.
On peut s'en inspirer ailleurs.
Mais reproduire quelques éléments esthétiques ne suffit pas à recréer ce qui existe à Reggio Emilia.
Une table lumineuse + trois pommes de pin + un miroir…
De la même façon qu'une tour rose ne suffit pas à faire Montessori et qu'une poupée en laine ne suffit pas à faire Steiner.
Ce qui importe davantage, c'est l'image que nous avons de l'enfant et de l'apprentissage.
Et voilà encore un point qui rejoint certaines autres pédagogies que nous avons découvertes.
L'adulte observe énormément.
Mais chez Reggio, il cherche notamment à repérer :
une question ;
une stratégie ;
une relation entre deux idées ;
une hypothèse ;
un intérêt susceptible de devenir un projet.
Imaginons que deux enfants passent vingt minutes à verser de l'eau dans différents récipients.
Nous pourrions penser :
Mais en observant réellement…
l'un essaie peut-être de savoir quel récipient contient le plus.
L'autre remarque que l'eau prend la forme du contenant.
Une flaque apparaît.
Ils découvrent qu'elle s'étend.
Un bouchon flotte.
Une pierre coule.
Notre travail consiste parfois simplement à les voir.
Une feuille n'est pas forcément destinée à devenir immédiatement un collage.
Elle peut être…
observée à la loupe ;
dessinée ;
photographiée ;
placée devant la lumière ;
comparée à une autre ;
mesurée ;
imprimée dans l'argile ;
observée quelques jours plus tard lorsqu'elle sèche.
Et soudain cette feuille possède…
Voilà exactement ce que j'aime dans cette approche.
Un même objet peut être rencontré encore et encore sous des angles différents.
Imaginons :
Et l'enfant répond :
😂❤️
Notre réflexe pourrait être de corriger immédiatement.
Mais cette phrase est précieuse.
Elle nous montre comment l'enfant pense actuellement.
Notons-la.
Puis cherchons.
Observons différents arbres.
Regardons où les feuilles changent de couleur.
Comparons.
Lis ons éventuellement un beau documentaire.
Revenons à la question quelques semaines plus tard.
Et voilà pourquoi conserver les premières hypothèses est si intéressant.
Elles permettent de voir la pensée évoluer.
L'approche Reggio Emilia est historiquement particulièrement liée aux nourrissons, aux tout-petits et aux enfants d'âge préscolaire dans les services municipaux de Reggio Emilia. Le premier réseau municipal de préscolaire se développe à partir de 1963 et celui des infant-toddler centres à partir de 1971.
Il faut donc être prudent lorsqu'on cherche à transformer Reggio en programme scolaire complet pour tous les âges.
Mais ses principes peuvent nourrir énormément d'apprentissages.
Les mathématiques peuvent apparaître dans une construction.
L'écriture dans le besoin de légender un projet.
La géométrie dans l'observation d'une architecture.
Les sciences dans une question sur les ombres.
Le langage dans les discussions.
L'art dans la représentation d'une hypothèse.
Encore une fois…
Je ne pratique pas une pédagogie Reggio Emilia « pure ».
D'ailleurs, parler de « Reggio pur » dans une maison belge aurait assez peu de sens puisque cette approche appartient d'abord à une expérience éducative municipale italienne très particulière.
Mais j'y retrouve énormément de choses qui ont naturellement trouvé leur place sous notre tilleul.
Observer avant de proposer.
Partir d'une vraie question.
Laisser une expérience durer.
Utiliser la nature.
Photographier les étapes.
Conserver les paroles des enfants.
Mettre à disposition des matériaux ouverts.
Dessiner pour comprendre.
Expérimenter la lumière.
Revenir plusieurs fois sur une même découverte.
Et surtout…
Cette dernière idée me plaît énormément.
Parce que si l'adulte connaît déjà exactement ce que l'enfant va fabriquer, exactement comment il va le fabriquer et exactement à quoi devra ressembler le résultat…
nous pouvons parfois nous demander :
Il n'est pas nécessaire de transformer la maison en atelier italien digne d'un magazine.
😂
Nous pouvons simplement :
Et surtout…
Même lorsqu'elles sont scientifiquement fausses.
Parce qu'une hypothèse erronée peut être le commencement d'une formidable enquête.
Plusieurs décennies après les premières expériences municipales de Reggio Emilia, cette approche continue de dialoguer avec des éducateurs du monde entier ; Reggio Children indique aujourd'hui des contacts et échanges avec plus de 145 pays et territoires.
Et je comprends pourquoi.
Dans un monde où nous pouvons obtenir une réponse en quelques secondes, Reggio nous invite à faire quelque chose d'étrangement différent :
Observer.
Chercher.
Représenter.
Discuter.
Changer d'avis.
Essayer autrement.
Et surtout considérer la créativité non comme une jolie activité supplémentaire…
mais comme une manière de construire la connaissance.
Lorsque je pense à Reggio Emilia, j'imagine une table.
Dessus, il n'y a pas de fiche.
Il y a une feuille ramassée dehors.
Une loupe.
Un morceau d'argile.
Quelques crayons.
Une petite lampe.
Et deux enfants qui discutent.
L'un pense que les nervures de la feuille servent à la rendre solide.
L'autre affirme qu'elles transportent quelque chose.
Personne ne leur donne immédiatement la réponse.
Ils regardent.
Dessinent.
Placent la feuille devant la lumière.
La reproduisent dans l'argile.
Puis demandent :
Et voilà qu'une feuille ramassée pendant une promenade vient d'ouvrir une porte.
Vers la botanique.
Vers le dessin.
Vers la lumière.
Vers le langage.
Vers une nouvelle question.
Peut-être est-ce cela que j'aime le plus dans les « cent langages ».
Ils nous rappellent qu'un enfant n'a pas seulement cent manières de s'exprimer.
Il possède aussi cent manières de…
Et notre rôle n'est peut-être pas de réduire ces cent chemins jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un.
Mais de lui laisser suffisamment de temps, de matières, de rencontres et de liberté…
À bientôt sous le tilleul 🌿