Overblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

Photographier les mains de ses enfants une fois par an : garder la trace d’une enfance qui change sans qu’on s’en aperçoive

Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿

Il y a des changements que nous voyons arriver.

Une dent tombe.

Un pantalon devient trop court.

Une nouvelle pointure apparaît sur la boîte de chaussures.

Un anniversaire ajoute une bougie au gâteau.

Et puis il y a tous les autres.

Ceux qui se produisent si lentement que nous ne les remarquons presque jamais.

Un matin, une petite main vient se glisser dans la nôtre.

Elle nous semble exactement semblable à celle d’hier.

Et pourtant…

elle ne l’est déjà plus tout à fait.

Les doigts se sont légèrement allongés.

La paume est devenue plus grande.

Le petit poignet s’est affiné.

La façon d’attraper notre doigt a changé.

Mais parce que nous regardons ces mains tous les jours, nous ne voyons pas leur transformation.

Alors j’ai envie d’imaginer un rituel extrêmement simple.

Une fois par an.

Toujours à la même date.

Photographier les mains de nos enfants.

Pas forcément leur visage.

Pas de tenue particulière.

Pas de décor préparé.

Juste leurs mains.

Pourquoi les mains ?

Nous photographions énormément les visages.

Le premier sourire.

Les anniversaires.

Les vacances.

La rentrée.

Les cheveux coupés.

Les dents qui manquent.

Mais lorsque nous feuilletons d’anciennes photographies, ce sont parfois les détails auxquels nous n’avions accordé aucune importance qui nous bouleversent le plus.

Ses mains étaient si petites…

Nous avions oublié.

Pourtant ces mains racontent une grande partie de l’enfance.

Ce sont elles qui ont serré notre doigt.

Attrapé les premiers morceaux de nourriture.

Empilé des cubes.

Ramassé des cailloux.

Froissé des feuilles.

Tourné les pages des albums.

Mal tenu les premiers crayons.

Fabriqué des choses étranges avec de la pâte à modeler.

Cueilli des trésors.

Appris à boutonner un manteau.

Écrit les premières lettres.

Puis les premiers mots.

 

Une petite main dans une grande

Il existe une photographie particulièrement simple à reproduire chaque année :

la main de l’enfant posée dans celle du parent.

La première année, elle semble minuscule.

Quelques années plus tard, elle occupe presque toute la paume.

Puis ses doigts dépassent.

Et peut-être qu’un jour…

les deux mains auront presque la même taille.

Voilà ce que j’aime dans ce rituel.

Nous n’avons rien besoin d’expliquer sur les photographies.

La proportion raconte le temps toute seule.

 

Pourquoi choisir toujours le même jour ?

Nous pourrions évidemment prendre cette photographie n’importe quand.

Mais fixer une date transforme une jolie idée en rituel.

Pourquoi pas le 18 septembre ?

Une date ordinaire.

Pas un anniversaire.

Pas Noël.

Pas nécessairement une rentrée.

Juste un jour que nous décidons de rendre particulier.

Chaque 18 septembre :

« Aujourd’hui, on photographie les mains. »

Et voilà.

Dans quelques années, cette phrase pourrait devenir aussi familière que certains petits rituels familiaux dont nous ne savons même plus exactement comment ils ont commencé.

 

Le charme d’une date ordinaire

Je crois même que je préfère cette idée à celle d’associer la photographie à un anniversaire.

Lors d’un anniversaire, nous savons déjà que l’enfant a grandi.

Nous mesurons.

Nous comparons.

Nous disons :

« Déjà cinq ans ! »

Le 18 septembre, il ne se passe rien de particulier.

Et c’est précisément pour cela que quelque chose peut apparaître.

L’enfance grandit aussi les jours où il ne se passe rien.

Entre deux anniversaires.

Un mercredi.

Un matin pluvieux.

Pendant le goûter.

En revenant du parc.

Sans bougie et sans cadeau.

 

Toujours la même photographie ?

Nous pouvons choisir cette option.

Même endroit.

Même cadrage.

Même position.

Main ouverte dans celle du parent.

Et essayer de reproduire l’image chaque année.

La comparaison sera alors saisissante.

Mais nous pouvons aussi choisir une règle plus souple :

une photographie des mains, une fois par an.

Et laisser la vie décider du reste.

Une année, elles tiendront une pomme.

Une autre, un caillou.

Une feuille.

Une plume trouvée dehors.

Un coquillage rapporté des vacances.

Un petit jouet particulièrement aimé à ce moment-là.

Ainsi, la photographie ne racontera pas seulement :

« Voilà la taille de ses mains. »

Elle dira aussi :

« Voilà ce qui comptait dans ses mains cette année-là. »

 

Photographier un trésor trouvé dehors

Cette variante me plaît énormément.

Nous pouvons partir marcher sans annoncer :

« Il nous faut quelque chose de photogénique. »

Ce serait justement dommage.

L’enfant choisit simplement un petit trésor rencontré en chemin.

Un caillou.

Une graine tombée au sol.

Un morceau d’écorce déjà détaché.

Une feuille.

Une petite branche.

Ou quelque chose que nous photographierons sur place sans l’emporter si cela doit rester dans la nature.

Puis :

clic.

Deux petites mains autour du trésor.

Et peut-être qu’un jour, en regardant la série, nous nous souviendrons davantage du caillou que de la photographie elle-même.

 

Garder aussi les petites imperfections

Avant la photo, nous pourrions être tentés de dire :

« Attends, tes mains sont sales ! »

Et de les laver.

Mais…

pas forcément.

Si l’enfant vient de jouer dehors et possède un peu de terre sous les ongles, pourquoi ne pas garder cela ?

Une petite égratignure.

Un reste de feutre sur un doigt.

Un vernis posé de travers.

Un pansement.

Une tache de peinture.

Tout cela appartient aussi à l’année photographiée.

Nous ne constituons pas un catalogue de jolies mains.

Nous gardons une trace de vraies mains d’enfant.

 

Les mains racontent aussi ce que l’enfant sait faire

Au fil des années, nous pourrions remarquer autre chose que leur taille.

La manière de tenir un objet change.

Le geste devient plus précis.

Les doigts manipulent des choses plus petites.

La main qui agrippait autrefois un gros crayon peut un jour tenir un stylo avec aisance.

Puis un instrument.

Une aiguille.

Un outil.

Un appareil photo.

Une manette.

Un pinceau.

Chaque enfant construira sa propre histoire.

Et les mains en garderont une petite trace.

 

Faut-il mesurer ?

Nous pourrions.

Poser la main à côté d’une règle.

Mesurer sa longueur chaque année.

Noter le résultat.

Cela ferait une expérience intéressante.

Mais pour ce rituel précis, j’aime assez l’idée de ne rien mesurer du tout.

Nous mesurons déjà tellement l’enfance.

Taille.

Poids.

Âge.

Pointure.

Résultats.

Étapes.

Ici, la photographie peut simplement dire :

« Voilà. C’était sa main cette année-là. »

Sans chiffre.

 

Photographier aussi les mains entre frères et sœurs

S’il y a plusieurs enfants, une autre photographie peut devenir extraordinaire au fil des années :

toutes leurs mains réunies.

Posées côte à côte sur une table.

Superposées.

Ou simplement ouvertes vers l’objectif.

Au début, la différence entre l’aîné et le plus jeune semblera immense.

Puis elle diminuera.

Certaines mains deviendront plus grandes que d’autres.

Les formes seront différentes.

Et nous verrons grandir une fratrie sans montrer un seul visage.

 

Et la main du parent ?

Je la garderais.

Parce que l’histoire ne concerne pas seulement les enfants qui grandissent.

La main adulte change elle aussi.

Très lentement.

Peut-être qu’un jour, bien plus tard, ce seront justement les enfants devenus grands qui regarderont ces images et penseront :

« C’était la main de maman. »

Nous pensions photographier leur enfance.

Nous aurons, sans vraiment le savoir, photographié aussi un morceau de la nôtre.

 

Pas besoin d’un appareil extraordinaire

Un téléphone suffit largement.

Le plus important sera plutôt de choisir un endroit lumineux.

Près d’une fenêtre.

Dehors à l’ombre douce.

Sur une table.

Sur un plaid.

Évitons si possible le soleil très dur qui crée des ombres profondes et fait plisser les doigts.

Puis approchons-nous.

Les mains doivent être le sujet.

Pas besoin de dix accessoires autour.

 

Et pourquoi pas toujours dehors ?

Puisque septembre permet encore souvent de profiter de la lumière extérieure, nous pouvons choisir un endroit familier.

Un banc.

Une table du jardin.

Un coin de parc.

Un morceau de bois.

Une pierre plate.

Ou simplement les mains tendues devant l’herbe floue.

Le décor peut rester très discret.

Dans cette photographie, ce sont les mains qui doivent raconter l’histoire.

 

Ne demandons pas forcément de « bien poser »

Avec les petits, la photographie parfaite risque de devenir :

« Mets ta main comme ça. Non, pas comme ça. Ouvre les doigts. Ne bouge plus. Attends. Recommence. »

Et nous aurons réussi à transformer un joli rituel annuel en contrôle technique des phalanges.

😂

Laissons une petite part de spontanéité.

Une main légèrement fermée.

Des doigts qui bougent.

Un petit qui refuse de tendre la paume mais accepte de tenir son caillou.

Cela fera partie du souvenir.

 

Une photo seulement

Nous pouvons prendre plusieurs clichés pour avoir une image nette.

Mais ensuite, pourquoi ne pas en choisir une seule par enfant et par année ?

Pas trente.

Une.

18 septembre 2026.

Puis :

18 septembre 2027.

18 septembre 2028.

Au début, trois photographies sembleront peu.

Puis cinq.

Puis huit.

Puis dix.

Et soudain, nous comprendrons pourquoi nous avons commencé.

 

Préparer dès maintenant l’endroit où elles seront conservées

Les photographies numériques possèdent un défaut étrange :

nous en prenons énormément…

puis nous ne les revoyons presque jamais.

Alors créons immédiatement un dossier.

Les mains – 18 septembre

Et chaque année, ajoutons seulement les photographies choisies.

Nous pouvons également les faire imprimer.

Une petite photo par an.

Un album très simple.

Ou même une boîte.

Pas besoin de le terminer maintenant.

Nous sommes en train de fabriquer quelque chose qui a besoin de plusieurs années pour exister.

Et c’est justement ce qui le rend précieux.

 

Ajouter une seule phrase

Au dos d’une photographie imprimée, ou dans un petit carnet, nous pouvons écrire une phrase.

Pas un long récit.

Simplement :

« Cette année, ces mains ramassaient tous les cailloux qu’elles trouvaient. »

Ou :

« Elles apprenaient à écrire. »

« Elles construisaient des cabanes. »

« Elles voulaient tout faire seules. »

« Elles tenaient encore ma main pour traverser. »

Je crois que cette dernière phrase pourrait devenir particulièrement précieuse.

 

« Elles tenaient encore ma main »

Il y aura une dernière fois.

Une dernière fois où un enfant glissera spontanément sa main dans la nôtre pour marcher.

Une dernière fois où nous lui donnerons la main pour monter une marche.

Une dernière fois où ses doigts chercheront les nôtres dans un endroit inconnu.

Mais personne ne nous dira :

« Attention, c’est la dernière. »

C’est cela qui rend l’enfance si étrange.

Beaucoup de premières fois sont célébrées.

Les dernières passent souvent en silence.

 

Parce que nous ne voyons pas grandir ce que nous regardons chaque jour

C’est peut-être la raison profonde de ce rituel.

Si nous rencontrions nos enfants seulement une fois par an, leur transformation nous semblerait immense.

Mais nous les voyons tous les jours.

Le changement se dilue.

Un millimètre.

Puis un autre.

Une habitude disparaît.

Une nouvelle apparaît.

Et nous continuons notre vie.

Jusqu’au jour où nous retrouvons une photographie ancienne et disons :

« Mais regarde comme tu étais petit ! »

La photographie annuelle des mains crée volontairement ce point de comparaison.

 

Imaginer la photographie dans dix ans

C’est assez vertigineux.

Imaginons simplement.

  1.  
  2.  
  3.  
  4.  
  5.  

Puis encore quelques années.

Nous étalons toutes les photographies sur une table.

Sur la première, une main disparaît presque dans celle du parent.

Sur une autre, les doigts dépassent.

Sur une autre encore, les deux mains ont presque la même taille.

Et peut-être que l’enfant devenu adolescent soupirera :

« Tu fais encore ta photo des mains ? »

😂

Oui.

Encore.

Parce que les rituels familiaux ont aussi le droit de devenir légèrement embarrassants.

C’est même souvent la preuve qu’ils ont suffisamment duré pour devenir une histoire.

 

Et si nous oublions une année ?

Alors nous aurons oublié.

Ce n’est pas grave.

Ce projet ne doit surtout pas devenir une obligation accompagnée d’une culpabilité :

« Catastrophe, nous avons raté le 18 septembre 2031 ! »

Nous prendrons la photographie le 21.

Ou en octobre.

Ou nous accepterons simplement qu’il manque une année.

Une histoire familiale n’a pas besoin d’être parfaitement documentée pour être vraie.

 

Un rituel qui coûte presque rien

C’est aussi ce que j’aime ici.

Nous n’avons besoin :

ni de matériel créatif ;

ni d’une sortie spéciale ;

ni d’acheter quoi que ce soit ;

ni de préparer une mise en scène.

Quelques minutes.

Une main.

Une autre main.

De la lumière.

Et le temps.

Surtout le temps.

Car c’est lui qui fabriquera réellement la série.

 

Sous le tilleul 🌿

Nous aimerions parfois retenir l’enfance par de grands moyens.

Photographier chaque fête.

Conserver les dessins.

Garder une mèche de cheveux.

Noter les premiers mots.

Remplir des albums.

Et pourtant, ce sont peut-être les traces les plus simples qui nous toucheront un jour le plus profondément.

Une main.

Juste une main.

Celle qui aujourd’hui nous paraît encore parfaitement ordinaire parce que nous la voyons cent fois par jour.

Celle qui attrape notre manche.

Qui renverse le verre.

Qui ramasse une pierre.

Qui dessine.

Qui construit.

Qui se salit.

Qui vient parfois chercher la nôtre.

Photographions-la.

Puis rangeons la photographie.

Et recommençons dans un an.

Il ne se passera peut-être rien de spectaculaire.

Puis un autre an.

Puis encore un autre.

Jusqu’au jour où nous alignerons toutes ces images.

Et où nous verrons enfin ce que nos yeux, trop habitués à regarder chaque jour, n’avaient jamais réussi à saisir :

une enfance était en train de grandir sous nos yeux. 

 

À bientôt sous le tilleul 🌿

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article