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Pourquoi je ne fais pas de fiches à 2–3 ans (et ce que je fais à la place) !!!

Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿

Il y a des périodes dans la vie de parent où certaines questions reviennent souvent, presque comme un écho discret qui finit par s’installer dans les journées.

“Alors, il va à l’école ?”
“Et en septembre, alors ?”

Comme si, à partir d’un certain âge, tout devait déjà être en place. Comme si apprendre ne pouvait commencer qu’au moment où l’on entre dans un cadre, dans une structure, dans quelque chose de visible et de reconnu.

Et pourtant… à 2 ou 3 ans, quelque chose d’autre est déjà profondément à l’œuvre.

Quelque chose de vivant.
De mouvant.
De silencieusement essentiel.

Un âge où l’on apprend autrement

À 2–3 ans, l’enfant n’apprend pas comme on l’imagine souvent.

Il n’apprend pas en restant assis face à une feuille.
Il n’apprend pas en répondant à des consignes.

Il apprend en vivant.

Il apprend en marchant, en courant, en tombant parfois, en recommençant encore et encore. Il apprend en touchant tout ce qui l’entoure, en manipulant, en observant, en répétant des gestes qui peuvent sembler anodins mais qui construisent en réalité des bases solides et durables.

Son corps est son premier outil d’apprentissage.

Ses mains.
Ses mouvements.
Ses sensations.

Et dans ce mouvement constant, il construit le monde… et lui-même en même temps.

 

Pourquoi je ne propose pas de fiches

Les fiches ne sont pas mauvaises en soi. Elles peuvent même devenir, plus tard, des outils intéressants.

Mais à cet âge, elles arrivent souvent trop tôt.

Elles demandent à l’enfant de s’arrêter, de se poser, de produire quelque chose de “juste”, alors qu’il est encore dans une phase où il a besoin d’explorer librement, sans contrainte, sans attente de résultat.

Elles demandent de rester dans un cadre, alors que l’enfant est en train de découvrir le monde dans toute son ouverture.

Et parfois, sans s’en rendre compte, elles déplacent l’attention de l’essentiel.

Car à 2–3 ans, l’essentiel n’est pas de remplir une feuille.

L’essentiel est de vivre.

 

Apprendre dans le réel, simplement

Choisir de ne pas faire de fiches ne signifie pas ne rien faire.

C’est au contraire faire un autre choix.

Celui de l’apprentissage vivant.

Celui qui ne se voit pas toujours immédiatement, mais qui est profondément ancré dans le quotidien.

Les journées se remplissent alors autrement, avec des moments simples, mais riches.

Sortir, marcher, observer, rencontrer.

Passer du temps dehors, le plus possible, laisser l’enfant s’imprégner du rythme des saisons, sentir le vent, toucher la terre, marcher dans l’herbe, regarder les feuilles tomber ou les bourgeons apparaître.

La nature devient une éducatrice discrète, mais essentielle.

 

Le langage qui se construit au fil des jours

Les livres occupent une place toute particulière dans cette période.

Lire, relire, encore et encore.

Regarder les images, écouter les mots, s’imprégner du langage sans même y penser.

Mais le langage ne passe pas uniquement par les livres.

Il se construit dans les conversations du quotidien, dans les échanges, dans les moments partagés.

Nommer les objets, les émotions, les actions.

Parler, simplement.

Et laisser l’enfant s’approprier tout cela à son rythme.

 

Manipuler, explorer, expérimenter

Les mains sont souvent en mouvement.

Verser, transvaser, remplir, vider, recommencer.

Des gestes simples, mais qui développent la coordination, la concentration, la précision.

Des gestes qui préparent, sans le dire, à beaucoup d’apprentissages futurs.

Les activités sensorielles prennent aussi toute leur place.

L’eau, le sable, les textures, les matières.

Tout ce qui permet de sentir, d’explorer, de découvrir autrement que par les mots.

 

Créer librement, sans attente

Dessiner, peindre, coller, modeler.

Non pas pour obtenir un résultat précis.

Mais pour expérimenter.

Découvrir la matière, les couleurs, les gestes.

Créer sans consigne, sans modèle, sans correction.

Juste pour le plaisir de faire.

 

Bouger, encore et encore

Le corps apprend en permanence.

Marcher, courir, grimper, sauter, s’équilibrer.

Explorer ses capacités.

Tomber parfois, se relever.

Tout cela construit la confiance, la motricité, la connaissance de soi.

Et ces apprentissages-là ne peuvent pas se faire sur une feuille.

 

La vie quotidienne comme terrain d’apprentissage

Cuisiner, ranger, participer aux gestes simples du quotidien.

Observer, imiter, essayer.

Se sentir utile.

Ces moments sont d’une richesse immense.

Ils sont concrets, réels, vivants.

Et ils donnent du sens.

 

Le jeu libre, essentiel

Il y a aussi le jeu.

Le jeu libre.

Sans objectif.

Sans attente.

Sans intervention.

Un espace dans lequel l’enfant peut imaginer, construire, déconstruire, recommencer, inventer.

Comme l’a si justement dit Édouard Claparède, le jeu est le travail de l’enfant.

Et ce travail-là est immense.

 

Et puis… ne rien faire

Il y a enfin ces moments où il ne se passe rien.

En apparence.

Des temps de pause, d’ennui parfois, de rêverie.

Ces moments sont précieux.

Ils permettent à l’imaginaire de se déployer.

À la créativité de naître.

À l’enfant d’exister autrement.

 

Un “programme” qui n’en est pas un

Il n’y a pas de planning figé.

Pas d’activités imposées.

Pas d’objectifs à atteindre.

Seulement un cadre souple, un rythme respecté, des propositions qui viennent accompagner l’enfant sans jamais le contraindre.

Un chemin qui se construit jour après jour.

 

Sous le tilleul 🌿

Un enfant qui joue, qui explore, qui découvre.

Et dans ses gestes simples… tout un monde qui se construit doucement.

 

Conclusion

À 2–3 ans, apprendre ne ressemble pas à ce que l’on imagine parfois.

Cela ne tient pas sur une feuille.

Cela ne se mesure pas.

Cela se vit.

Dans le corps, dans le mouvement, dans le quotidien.

Et peut-être qu’à cet âge, le plus important n’est pas de remplir des fiches…

Mais de remplir ses journées de vie.

 

A bientôt sous le tilleul 🌿

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J
J’ai beaucoup aimé lire ton article. Ta façon de parler de l’enfance et des apprentissages est vraiment apaisante et pleine de bon sens. On sent beaucoup de douceur et de respect du rythme de l’enfant dans tes mots. J’aime particulièrement l’idée que les apprentissages les plus importants passent par le réel, le mouvement et le quotidien. C’est un texte qui fait du bien et qui rappelle l’essentiel avec beaucoup de simplicité et de sensibilité.
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Merci beaucoup pour ton commentaire si gentil<br /> Tes mots me vont droit au cœur <br /> <br /> J’ai la conviction que les premières années sont si précieuses, et que l’enfant apprend énormément à travers le réel, le jeu, le mouvement et les petites expériences du quotidien <br /> Parfois, on oublie combien une promenade, une recette, une histoire ou une simple découverte peuvent déjà être de merveilleux apprentissages ;)<br /> <br /> Je suis très heureuse que cet article t’ait parlé et qu’il ait pu transmettre cette idée avec douceur et simplicité <br /> Merci pour ta lecture et ton regard bienveillant
L
Merci pour ce bel article, je me souviens pas trop de ces âges là à part les comédies de 2 ans, la mini crise d'adolescence comme on appelle ça <br /> Ma fille m'en a fait une belle lol<br /> bonne journée à toi <br /> gros bisous
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Ha oui les comédies je suis en plein dedans !!! ;) Belle journée ma belle Je t'embrasse fort