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Pourquoi les enfants nous parlent-ils précisément quand nous sommes occupés ? Ce qui se cache derrière les “Maman, regarde !”

Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿

Il existe probablement un phénomène encore insuffisamment étudié par la science.

Vous pouvez rester disponible pendant vingt minutes.

Personne ne vous demande rien.

Les enfants jouent.

Tout est calme.

Vous vous dites :

« Tiens, je vais profiter de ces cinq minutes pour téléphoner. »

Vous composez le numéro.

Quelqu’un décroche.

Et exactement à cet instant :

« MAMAAAAAN ! »

On essaie de continuer.

« Attends une seconde. »

Mais l’affaire est manifestement urgente.

« MAMAN REGARDE ! »

On fait signe qu’on téléphone.

« MAIS REGARDE ÇA ! »

Et lorsque nous finissons enfin par interrompre la conversation pour découvrir ce qui justifiait une telle mobilisation…

il s’agit parfois d’un Lego posé sur la tête d’un dinosaure.

😂

Même phénomène pendant la vaisselle.

Lorsque nous écrivons.

Lorsque nous parlons avec un autre adulte.

Lorsque nous essayons de lire trois lignes.

Ou, évidemment, au moment précis où nous venons de nous asseoir aux toilettes.

Mais pourquoi ?

Pourquoi ce besoin semble-t-il devenir particulièrement pressant lorsque notre attention est justement ailleurs ?

Et surtout :

comment répondre sans passer nos journées à abandonner ce que nous faisons au premier :

« Regarde ! »

« Regarde ! » ne veut pas toujours dire la même chose

Voilà probablement la première chose importante.

Derrière deux « Maman, regarde ! » apparemment identiques peuvent se cacher des intentions complètement différentes.

Parfois, l’enfant veut simplement nous montrer quelque chose qui l’enthousiasme.

Parfois, il cherche notre réaction.

Parfois, il veut retrouver un peu de proximité.

Parfois, il ne parvient tout simplement pas encore à garder son idée en tête en attendant.

Parfois aussi…

il a réellement besoin de nous.

Alors avant de chercher la raison pour laquelle les enfants interrompent, il faut accepter qu’il n’y en ait pas une seule!

 

« Il faut absolument que tu voies ça ! »

Imaginons un enfant qui vient de réussir quelque chose.

Une tour immense.

Un dessin.

Un saut.

Un insecte découvert dehors.

Deux pièces qui s’emboîtent enfin.

Dans sa tête, il ne se passe pas nécessairement :

« Maman est occupée. Je vais donc exiger son attention. »

Il peut simplement se passer :

« OH ! REGARDE ÇA ! »

L’enthousiasme arrive avant la réflexion.

Et nous, adultes, connaissons encore ce mécanisme.

Nous découvrons quelque chose d’extraordinaire et notre premier réflexe peut être d’envoyer un message à quelqu’un :

« Regarde ! »

Partager augmente parfois le plaisir que nous ressentons.

Chez l’enfant, cette impulsion peut être encore beaucoup plus immédiate.

 

Parce que montrer, c’est aussi partager

Lorsqu’un tout-petit pointe quelque chose du doigt et regarde ensuite l’adulte, il ne cherche pas toujours à obtenir l’objet.

Il peut vouloir simplement partager son attention :

« Tu vois ce que je vois ? »

Cette capacité à attirer l’attention d’une autre personne sur quelque chose fait partie de ce que l’on appelle l’attention conjointe.

Un oiseau.

Une voiture.

Une fleur.

Un chien.

L’enfant regarde l’objet.

Puis nous.

Puis parfois de nouveau l’objet.

Il ne nous demande pas nécessairement d'agir.

Il nous invite dans son expérience.

Et le fameux :

« Maman, regarde ! »

peut conserver quelque chose de ce mouvement.

« Entre une seconde dans ce que je suis en train de vivre. »

 

Parfois, ce n’est presque pas l’objet qui compte

Voilà pourquoi certaines situations nous déconcertent.

L’enfant insiste énormément.

Nous finissons par regarder.

Et…

il n’y avait presque rien à voir.

Une figurine posée autrement.

Un trait sur une feuille.

Une chaussette sur une peluche.

Nous pouvons penser :

« Tout ça pour ÇA ? » 😂

Mais peut-être que l’objet n’était pas entièrement le sujet.

Ce que l’enfant cherchait pouvait être notre :

« Ah oui, j’ai vu ! »

Un regard.

Un sourire.

Une petite rencontre.

Quelques secondes pendant lesquelles son expérience et la nôtre se rejoignent.

 

Et lorsque notre attention est visiblement ailleurs ?

Il existe une différence entre être physiquement présent…

et être disponible pour l’interaction.

Lorsque nous regardons un écran, parlons au téléphone ou échangeons avec quelqu’un, l’enfant peut parfaitement constater :

notre attention est ailleurs.

Cela ne signifie pas automatiquement qu’il vit une profonde détresse ou qu’il cherche délibérément à nous arracher à notre activité.

Mais notre indisponibilité devient plus visible.

Et certains enfants vont alors multiplier les tentatives :

« Maman ? »

« Maman ? »

« MAMAN ? »

Puis, arme ultime :

venir placer leur visage exactement entre notre visage et ce que nous regardions.

Subtil. 😂

 

Attendre est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît

Pour un adulte, la solution semble pourtant évidente.

« Tu attends deux minutes et tu me le montres après. »

Mais attendre suppose plusieurs capacités.

Il faut :

freiner l’envie de parler immédiatement ;

garder en mémoire ce que nous voulions dire ;

évaluer approximativement combien de temps il faudra attendre ;

supporter la frustration ;

rester engagé dans autre chose pendant ce délai ;

puis revenir à notre idée au bon moment.

Pour un jeune enfant dont les capacités d’autorégulation sont encore en développement, ce n’est pas rien.

Deux minutes ne sont pas simplement…

deux petites minutes.

 

« Attends un peu » est extrêmement abstrait

Nous autres adultes savons approximativement ce que signifie :

« Je termine ce mail et j’arrive. »

Mais :

« attends »

ou

« dans cinq minutes »

peut rester très abstrait pour un petit.

C’est pourquoi les repères concrets fonctionnent souvent mieux.

« Je rince ces trois assiettes et je viens voir. »

« Je termine cette phrase et je t’écoute. »

« Quand l’aiguille arrivera ici. »

« Quand le minuteur sonnera. »

L’attente possède alors une fin que l’enfant peut davantage comprendre.

 

Et il doit encore apprendre les règles invisibles de la conversation

Quand deux adultes parlent, nous savons généralement repérer :

une pause ;

la fin d’une phrase ;

un moment où intervenir.

Nous avons appris toute une série de règles sociales sans même y penser.

L’enfant, lui, les apprend progressivement.

Il peut savoir qu’il ne faut « pas couper la parole »…

tout en ne sachant absolument pas quand la parole est suffisamment finie pour pouvoir entrer dans la conversation.

Alors il tente :

« Maman… »

Pas de réponse.

Un peu plus fort :

« Maman ! »

Toujours rien.

Très bien.

« MAMAAAAAAAAAN ! »

😂

 

Mais avant tout : urgence ou envie de partager ?

Il y a évidemment des situations où attendre n’est pas approprié.

Quelqu’un est blessé.

Quelque chose est dangereux.

L’enfant a peur.

Il a besoin d’aller aux toilettes très rapidement.

Il ne retrouve plus l’adulte.

Un plus petit est en difficulté.

Nous pouvons donc apprendre une distinction simple :

« Si quelqu’un est blessé, si tu as peur ou s’il y a un danger, tu m’interromps tout de suite. »

Le reste peut parfois patienter.

C’est une compétence beaucoup plus utile que :

« Tu ne dois jamais interrompre les adultes. »

 

Le petit code de la main

Voici une astuce toute simple que certaines familles apprécient.

Lorsque l’adulte parle avec quelqu’un, l’enfant qui veut intervenir vient poser doucement sa main sur son bras.

Cela signifie :

« J’ai quelque chose à te dire. »

L’adulte peut poser sa propre main quelques secondes sur celle de l’enfant.

Cela signifie :

« Je sais que tu es là. Je vais te répondre. »

Puis il termine sa phrase avant de se tourner vers lui.

L’intérêt n’est pas d’obtenir un enfant silencieux comme par magie.

Il est de remplacer progressivement :

« MAMAN ! MAMAN ! MAMAN ! »

par un signal partagé.

Et surtout, le signal doit fonctionner dans les deux sens.

Si l’adulte ne revient jamais vers l’enfant…

celui-ci n’a aucune raison de lui faire confiance.

 

« Je t’ai entendu »

Parfois, quatre mots suffisent déjà à diminuer l’insistance :

« Oui, je t’ai entendu. »

Puis une indication concrète :

« Je termine cette phrase et je regarde. »

Nous n’avons pas encore accordé toute notre attention.

Mais nous avons répondu à une première inquiétude :

le message est arrivé.

L’enfant n’a plus nécessairement besoin de l’envoyer sept fois.

 

Et parfois… dix secondes suffisent

Il existe aussi des moments où nous pouvons réellement regarder.

Nous faisons la vaisselle.

« Regarde mon camion ! »

Nous tournons la tête.

« Waouh, tu as mis toutes les roues sur le dessus ! »

Et nous reprenons.

Cela a pris huit secondes.

Il n’est pas nécessaire d’appliquer une règle rigide du type :

« Puisque je suis occupé, je ne réponds jamais immédiatement. »

Nous pouvons simplement nous demander :

est-ce que je peux lui offrir ce regard maintenant sans véritablement interrompre ce que je fais ?

Parfois oui.

Parfois non.

 

« Je ne peux pas regarder maintenant »

Et cette réponse est également autorisée.

Nos mains sont pleines.

La casserole demande notre attention.

Nous traversons une rue.

Nous remplissons un formulaire important.

Nous sommes au téléphone.

Nous écoutons quelqu’un nous raconter quelque chose.

Alors nous pouvons dire :

« J’ai envie de voir, mais je ne peux pas regarder maintenant. Pose-le ici et montre-le-moi quand j’ai terminé. »

Ou :

« Garde ton dessin, je viens le voir après avoir rangé la cuisine. »

Ce n’est pas rejeter l’enfant.

C’est lui montrer quelque chose d’essentiel :

les besoins et les disponibilités de plusieurs personnes peuvent coexister.

 

Être attentif ne signifie pas être disponible à chaque seconde

C’est probablement une nuance particulièrement importante.

Nous pouvons vouloir offrir aux enfants une présence chaleureuse…

sans devenir une permanence ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Un adulte peut :

lire ;

travailler ;

cuisiner ;

téléphoner ;

se reposer ;

parler avec quelqu’un ;

avoir besoin de silence.

Et l’enfant peut progressivement apprendre :

« Même lorsque l’adulte ne me regarde pas immédiatement, notre lien n’a pas disparu. »

L’attente peut aussi se construire à l’intérieur d’une relation sécurisante.

 

Mais tenons notre promesse de revenir

Voilà le point qui change tout.

Nous avons dit :

« Je viens voir quand j’ai terminé. »

Alors…

revenons.

Même si l’enfant semble être reparti jouer.

« Tout à l’heure tu voulais me montrer quelque chose. C’était quoi ? »

Cette petite phrase peut avoir énormément de valeur.

Elle dit :

« Je n’étais pas disponible, mais je n’ai pas oublié. »

Et progressivement, cela peut aider l’enfant à accepter davantage le délai.

Parce qu’il découvre que :

attendre ne signifie pas perdre son tour.

 

Et si l’enfant oublie ce qu’il voulait montrer ?

Cela arrivera. 😄

Nous revenons :

« Tu voulais me dire quelque chose. »

Long silence.

« Je sais plus. »

Ce n’est pas grave.

Nous n’avons pas raté une étape essentielle de son développement.

Il apprend aussi que certaines impulsions passent.

Toutes les pensées n’ont pas besoin d’être exprimées immédiatement pour être valables.

 

Est-ce vraiment toujours « pour attirer l’attention » ?

L’expression peut devenir trompeuse.

« Il fait ça pour attirer l’attention. »

Dite ainsi, elle sonne parfois comme une accusation.

Mais attirer l’attention d’une autre personne est aussi…

une fonction normale de la communication.

Lorsque nous disons :

« Écoute ça ! »

nous attirons l’attention.

Lorsque nous montrons une photographie à notre compagnon, nous attirons son attention.

Lorsque nous appelons quelqu’un, nous demandons son attention.

La vraie question n’est donc pas forcément :

« Cherche-t-il de l’attention ? »

mais plutôt :

« Que cherche-t-il à faire avec mon attention à cet instant ? »

Partager ?

Demander de l’aide ?

Être rassuré ?

Obtenir une réaction ?

Retrouver un contact ?

 

Et parfois, le réservoir de connexion est simplement un peu vide

Certaines journées sont différentes.

L’adulte a été très occupé.

Beaucoup de déplacements.

Des rendez-vous.

Du travail.

Un bébé qui demande énormément.

Une journée inhabituelle.

Et un enfant qui sollicite soudain beaucoup plus.

Sans conclure automatiquement que chaque interruption cache un manque affectif, nous pouvons tout de même nous demander :

« Avons-nous eu aujourd’hui un vrai moment ensemble ? »

Parfois, dix ou quinze minutes de présence réellement disponible changent davantage les choses qu’une journée entière passée dans la même pièce en répondant distraitement.

 

Le petit moment « rien qu’à nous »

Nous pouvons donc créer quelques moments prévisibles.

Après le goûter.

Avant le coucher.

Au retour d’une sortie.

Pendant quelques minutes, l’enfant sait :

« Là, je peux tout raconter. »

Cela ne supprimera évidemment pas les interruptions.

Un dinosaure avec un Lego sur la tête restera une information trop importante pour attendre le coucher. 😂

Mais ces rendez-vous donnent à la relation un rythme.

 

Et le téléphone dans tout cela ?

Le téléphone possède une particularité.

Pour l’enfant, nous sommes là.

Physiquement.

Mais notre regard et notre attention peuvent être complètement absorbés ailleurs.

Et contrairement à la vaisselle, il n’est pas toujours évident pour lui de comprendre ce que nous faisons.

Répondons-nous à un message important ?

Regardons-nous une recette ?

Travaillons-nous ?

Lis-ons-nous quelque chose ?

Faisons-nous simplement défiler des images ?

Pour un jeune enfant, tout cela peut ressembler à :

« L’adulte regarde le rectangle noir au lieu de moi. »

Sans diaboliser les écrans, nous pouvons parfois rendre la situation plus compréhensible :

« Je réponds à ce message et ensuite je pose mon téléphone. »

Puis…

le poser réellement.

 

Une attente adaptée à l’âge

Nous ne pouvons évidemment pas demander la même chose à un enfant de deux ans et à un enfant de dix ans.

Avec les plus petits, l’attente doit généralement être :

courte ;

concrète ;

accompagnée ;

et répétée énormément de fois.

Avec les plus grands, nous pouvons progressivement demander davantage :

attendre la fin d’un appel ;

repérer une pause dans la conversation ;

garder son idée ;

noter éventuellement ce qu’il veut dire ;

distinguer urgence et envie.

La capacité à différer se construit.

Elle n’apparaît pas parce que nous avons expliqué une fois :

« Il faut être patient. »

 

S’entraîner quand personne n’est énervé

Comme souvent, le meilleur moment pour apprendre à ne pas interrompre…

n’est probablement pas la dix-septième interruption pendant un appel important. 😂

Nous pouvons jouer.

Un adulte parle pendant trente secondes avec quelqu’un.

L’enfant possède une information imaginaire à transmettre.

Il doit utiliser le signal convenu.

Puis on inverse les rôles.

Cette fois, l’enfant parle.

Et l’adulte l’interrompt :

« REGARDE ! REGARDE ! REGARDE ! »

Il y a de fortes chances qu’il trouve cela extrêmement drôle.

Et peut-être légèrement agaçant.

Parfait.

Nous venons de rendre visible ce qui était abstrait.

 

Et reconnaissons que parfois… le timing est extraordinaire

Il y a aussi des scènes qui méritent simplement d’être racontées telles qu’elles sont.

Silence pendant une demi-heure.

Puis nous passons un appel administratif.

Dans les quinze secondes :

« MAMAN TU SAIS QUOI ? »

Non.

Pas maintenant.

« MAIS C’EST IMPORTANT ! »

Très bien.

On s’excuse auprès de la personne au téléphone.

On écoute.

Et l’information capitale est :

« Les escargots ils ont pas de chaussures. »

Merci.

Effectivement.

Le dossier ne pouvait pas attendre. 😂

La parentalité est aussi faite de ces moments absurdes!

 

Mais évitons de rire de ce qui compte pour lui

Nous pouvons trouver la situation drôle sans ridiculiser l’enfant.

Ce qui nous paraît minuscule peut être véritablement important dans son monde.

Une construction réussie.

Une idée.

Une découverte.

Un dessin.

Une question.

Nous pouvons rire du décalage entre nos priorités…

sans envoyer le message :

« Ce qui t’intéresse est ridicule. »

Parce qu’un jour, le sujet ne sera plus une tour de cubes.

Et nous aimerons probablement toujours entendre :

« Viens, j’ai quelque chose à te montrer. »

 

Remplacer « attends » par une vraie information

Essayons pendant quelques jours de repérer combien de fois nous disons :

« Attends. »

Puis remplaçons-le lorsque c’est possible par :

« Je termine cette assiette. »

« Je finis mon message. »

« Je laisse parler Mamie et ensuite c’est ton tour. »

« Je mets les chaussures et je viens. »

Le délai devient visible.

Et surtout, nous pouvons tenir notre engagement.

 

Observer avant de corriger

La prochaine fois que les interruptions se multiplient, essayons simplement de regarder ce qui se passe autour.

Depuis combien de temps sommes-nous occupés ?

L’enfant veut-il toujours montrer quelque chose ou cherche-t-il à engager une interaction ?

Est-il fatigué ?

Excité ?

Dans un lieu inhabituel ?

Est-ce une journée où nous avons été peu disponibles ?

L’attente demandée est-elle réaliste pour son âge ?

Avons-nous réellement répondu aux précédentes demandes différées ?

Parfois, le comportement nous donne davantage d’informations lorsque nous cessons quelques secondes de le considérer uniquement comme quelque chose à faire arrêter.

 

Sous le tilleul 🌿

Il est facile, au milieu d’une journée chargée, de n’entendre dans :

« Maman, regarde ! »

qu’une interruption supplémentaire.

Une main qui nous tire ailleurs.

Une pensée coupée.

Une tâche qui prendra encore plus longtemps.

Et parfois…

c’est exactement ce que c’est. 😄

Nous avons aussi le droit de trouver cela fatigant.

Mais derrière ces deux petits mots se cachent souvent plusieurs apprentissages en même temps.

Partager son enthousiasme.

Obtenir le regard de quelqu’un.

Attendre.

Se souvenir de ce que l’on voulait dire.

Comprendre qu’une conversation est déjà en cours.

Repérer le bon moment.

Supporter que quelqu’un que nous aimons ne soit pas immédiatement disponible.

Et découvrir qu’il reviendra pourtant vers nous.

Alors non, nous n’avons pas besoin de lâcher l’éponge, le téléphone, le livre ou la casserole à chaque :

« Regarde ! »

Nous pouvons parfois regarder tout de suite.

Parfois dire :

« Je t’ai entendu. »

Parfois demander :

« Est-ce urgent ? »

Parfois annoncer :

« Je termine et je viens. »

Et surtout, lorsque nous l’avons promis…

revenir.

Parce qu’au fond, l’enfant n’apprend pas seulement à attendre notre attention.

Il apprend aussi quelque chose de beaucoup plus rassurant :

notre attention peut s’éloigner un moment sans que le lien, lui, disparaisse. 

 

À bientôt sous le tilleul 🌿

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M
C'est tellement vrai tout ces petits détails qui 'décortiquent' la communication parent/enfant et vice versa enfant/parent. Au final c'est du 'décortiquage' (mot inventé) des deux côtés. Tout un apprentissage et beaucoup de patience. <br /> <br /> Ton propos me fait penser à ce que j'avais entendu lors d'une émission de télé. À propos d'un bébé qui pleure en agitant son hochet. Nous le parent, on peut chercher ce qui ne va pas chez le bébé. Or, ils disaient que c'est probablement que le bébé n'a pas encore appris à laisser tomber l'objet. Il veut s'en libérer et il ne sait pas comment. <br /> <br /> En fait, il sait prendre un objet, mais n'a pas encore appris à le lâcher. Ce qui demande deux coordination différentes. À bien y penser je trouvais cette idée assez juste. Le tout petit bébé doit apprendre tellement de chose quand il arrive au monde. Tout doit être morcelé. C'est pareil dans la communication.
Répondre
Ah Millie, j’adopte ton « décortiquage » ! ;) Et finalement je trouve ton mot très juste : il y en a vraiment des deux côtés. Nous essayons de comprendre ce que l’enfant veut nous dire… pendant que lui apprend encore peu à peu comment nous faire comprendre ce qu’il ressent, ce qu’il veut ou ce qui le gêne.<br /> Ton histoire du hochet illustre bien cette idée, même si évidemment un bébé qui pleure peut le faire pour mille raisons différentes.;) Ce qui me frappe surtout, c’est de réaliser à quel point des gestes qui nous paraissent totalement automatiques ont dû être appris un par un : attraper, tenir, relâcher volontairement, coordonner ses mouvements…<br /> Quand on y pense, arriver au monde doit être une aventure incroyable !!! Tout ce que nous faisons sans même y réfléchir représente pour un tout-petit une succession de découvertes et d’apprentissages.<br /> Et tu as raison, la communication se construit elle aussi petit morceau par petit morceau. L’enfant apprend à envoyer des signaux de plus en plus précis et nous, parents, apprenons progressivement à les reconnaître… avec parfois quelques erreurs de traduction des deux côtés, hi,hi ! ;)<br /> Alors oui, beaucoup de « décortiquage »… et beaucoup de patience !!! Merci Millie pour cette réflexion, elle prolonge vraiment bien l’article.<br /> Je t'embrasse
L
J'avais mis une méthode en place lorsque ma fille était petite, si elle voulait me parler alors que je conversais avec une personne. Elle devait mettre sa main sur mon bras,je posais ma main sur sa main pour lui dire que j'avais compris qu'elle voulait me parler et que lorsque je retirerai ma main (souvent à la fin de phrase de l'adulte), je pourrai me tourner vers elle et elle pourrait me parler sans interrompre. Comme cela je ne m'agaçais pas et elle ne s'impatientait pas car je ne la faisais attendre que quelques secondes en m'excusant auprès de l'adulte. Cette méthode fonctionnait vraiment bien<br /> belle journée<br /> gros bisous
Répondre
Ah mais justement ma belle, c’est exactement la méthode dont je parle dans l’article ! Et du coup ton commentaire me fait particulièrement plaisir parce que tu peux témoigner qu’elle fonctionnait réellement très bien chez vous.<br /> J’aime beaucoup ce petit code de la main justement parce que l’enfant n’est pas simplement obligé d’attendre sans savoir si on l’a remarqué : lorsque l’adulte pose sa main sur la sienne, il lui répond déjà silencieusement « je t’ai vue, je sais que tu veux me parler et je vais revenir vers toi ».<br /> Et comme tu le racontes, si l’adulte tient sa part du « contrat » et ne fait attendre l’enfant que le temps de terminer sa phrase, cela évite justement beaucoup d’impatience et d’agacement des deux côtés. hihi<br /> C’est vraiment chouette d’avoir ton retour plusieurs années après et de savoir que cette petite méthode avait si bien fonctionné avec ta fille ! <br /> Merci pour ton témoignage ma belle, belle journée et gros bisous