Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿
Aujourd’hui, j’ai une mission à vous proposer.
Elle commence dans une ancienne halle, au cœur de Liège.
Mais elle pourrait bien nous occuper…
pendant plusieurs semaines.
😂
Nous allons chercher sept bâtiments.
Pas sept bâtiments choisis au hasard.
Sept églises qui permettent, à elles seules, de traverser plus de mille ans d’histoire liégeoise.
Leurs noms ?
Saint-Paul.
Saint-Barthélemy.
Sainte-Croix.
Saint-Denis.
Saint-Jacques.
Saint-Jean-l’Évangéliste.
Saint-Martin.
Ce sont les sept anciennes collégiales de Liège.
Et jusqu'au 4 octobre, une petite exposition gratuite installée à la Halle aux Viandes nous offre justement une excellente porte d'entrée pour commencer à les découvrir.
Mais cette fois, je n'ai pas envie que notre visite se termine lorsque nous sortirons de l'exposition.
Au contraire.
Ce sera là que notre enquête commencera.
/image%2F7218743%2F20261002%2Fob_b3b520_screenshot-2026-10-02-at-12-04-03-hall.png)
Voilà probablement la première question à poser aux enfants.
Une collégiale n'est pas simplement :
« une très vieille et très grande église ».
😂
Elle tire son nom du collège de chanoines qui y était attaché.
Des chanoines étaient des ecclésiastiques réunis en communauté autour de l'église, avec notamment des fonctions religieuses.
Et à Liège, les collégiales ont occupé une place particulièrement importante.
Pourquoi ?
Parce que pendant des siècles, Liège ne ressemblait pas politiquement à la ville que nous connaissons aujourd'hui.
Elle se trouvait au cœur d'une principauté ecclésiastique gouvernée par des princes-évêques.
La religion, le pouvoir, la ville, l'art et l'architecture étaient donc profondément imbriqués.
Voilà pourquoi chercher les anciennes collégiales n'est pas seulement faire le tour de sept églises.
C'est commencer à comprendre :
pourquoi Liège ressemble à Liège.
Les sept anciennes collégiales ont été fondées autour de l'an mil. Elles ont ensuite été transformées, agrandies et remaniées au fil des siècles, ce qui permet aujourd'hui d'y rencontrer différentes périodes de l'histoire et différents courants artistiques.
Arrêtons-nous un instant sur cette date avec les enfants.
Essayons d'imaginer.
Pas de Belgique.
Pas de voitures.
Pas d'électricité.
Pas de photographie.
Pas d'immeubles modernes.
Et pourtant…
certains de ces lieux existaient déjà.
Bien sûr, cela ne signifie pas que chaque pierre que nous voyons aujourd'hui date de l'an mil.
C'est même une excellente occasion d'expliquer aux enfants qu'un monument historique n'est généralement pas un objet figé.
Il est construit.
Transformé.
Réparé.
Agrandi.
Parfois détruit en partie.
Restauré.
Et chaque époque peut y laisser une trace.
Direction :
Halle aux Viandes
Quai de la Goffe 13
4000 Liège.
L'exposition Les collégiales à l'honneur y est présentée jusqu'au 4 octobre 2026, tous les jours de 9 h 30 à 17 h, avec accès gratuit.
Et plutôt que d'essayer de tout lire et tout mémoriser…
je proposerais une mission.
Prenons une feuille.
Écrivons les sept noms.
Puis, pour chacune, essayons de trouver dans l'exposition :
1 détail architectural ;
1 élément historique ;
1 trésor ou œuvre remarquable ;
1 chose qui nous donne envie d'aller la voir réellement.
Nous ne sommes plus simplement visiteurs.
Nous préparons notre expédition.
Avant même de partir à leur rencontre, prenons un plan de Liège.
Et cherchons :
Un plan consacré au Circuit des collégiales est d'ailleurs disponible gratuitement auprès de l'office du tourisme.
Plaçons sept points.
Et regardons.
Sont-elles alignées ?
Éloignées ?
Regroupées ?
Près de la Meuse ?
Quelle est la plus proche de notre point de départ ?
Quelle serait la plus longue à rejoindre à pied ?
Nous venons déjà de faire…
de la géographie.
Voilà le fil rouge que je garderais pendant plusieurs sorties.
Pas besoin de parcourir les sept en une journée.
Au contraire.
À chaque fois que nous passons à proximité d'une ancienne collégiale :
nous la cherchons.
Puis nous réalisons une photographie depuis l'extérieur.
Toujours avec la même règle :
Lorsque nous en avons une :
✓ sur notre liste.
Et progressivement, notre collection apparaît.
Une.
Deux.
Trois…
jusqu'à sept.
Nous pouvons ensuite imprimer les photographies et les placer autour de notre carte.
Nous fabriquons ainsi notre propre :
Voilà justement ce qui rend l'enquête intéressante.
Demandons aux enfants de ne pas seulement photographier l'ensemble.
Cherchons également un détail qui distingue chaque édifice.
Une tour.
Une fenêtre.
Un portail.
Une pierre.
Une sculpture.
Une forme de toit.
Puis comparons les photographies.
Si nous cachions les noms…
saurions-nous encore les reconnaître ?
/image%2F7218743%2F20261002%2Fob_3b6a63_screenshot-2026-10-02-at-11-36-54-aide.png)
Voilà déjà un piège formidable.
Nous cherchons sept anciennes collégiales…
et l'une d'elles s'appelle aujourd'hui :
Cathédrale Saint-Paul.
Pourquoi ?
Parce que son rôle a changé au cours de l'histoire.
Saint-Paul est donc à la fois l'une des sept anciennes collégiales et l'actuelle cathédrale de Liège.
Voilà une première carte pour notre carnet :
SAINT-PAUL
Aujourd'hui : cathédrale.
Mission sur place :
chercher quelque chose qui nous indique son importance actuelle.
Et l'exposition nous donne déjà un trésor à rechercher : le Christ gisant de Jean Del Cour.
Nous pouvons donc inscrire :
Le Christ gisant de Jean Del Cour
Pas forcément pour apprendre immédiatement toute son histoire.
D'abord…
le trouver.
/image%2F7218743%2F20261002%2Fob_361a99_screenshot-2026-10-02-at-11-38-10-aide.png)
Voilà probablement celle qui permettra l'une des enquêtes les plus spectaculaires.
Saint-Barthélemy a été fondée entre 1010 et 1015 et constitue un exemple important de l'architecture rhéno-mosane.
Mais son grand trésor se trouve à l'intérieur :
Ils datent du début du XIIe siècle, environ 1107-1118, et sont considérés comme un chef-d'œuvre majeur de la sculpture romane.
Plus de neuf cents ans.
Essayons de faire comprendre ce nombre aux enfants.
Un enfant de 10 ans ?
Il faudrait environ…
90 vies de cet enfant mises bout à bout.
😂
Et l'objet serait toujours plus vieux.
Les fonts baptismaux
Mission supplémentaire :
regarder les personnages représentés et compter combien nous en voyons.
Attention toutefois aux horaires : les conditions de visite peuvent varier, et Visit Liège indique actuellement des modalités particulières pour septembre 2026. Vérifions donc toujours avant de prévoir une visite intérieure.
/image%2F7218743%2F20261002%2Fob_55fe12_screenshot-2026-10-02-at-11-39-08-aide.png)
Et voilà une excellente leçon :
un circuit patrimonial ne signifie pas nécessairement que toutes les portes seront ouvertes.
Sainte-Croix a été fondée en 979 par l'évêque Notger. Certaines parties de l'édifice appartiennent à différentes périodes, du Moyen Âge jusqu'aux transformations ultérieures.
Mais actuellement, la collégiale est en restauration et fermée au public, sauf ouvertures occasionnelles liées notamment à des visites du chantier.
Et je ne considérerais surtout pas cela comme une collégiale « ratée » dans notre circuit.
Au contraire.
Que pouvons-nous apprendre d'un bâtiment sans entrer dedans ?
Observons :
sa forme ;
ses volumes ;
ses pierres ;
ses ouvertures ;
son implantation dans la rue.
Photographions-la.
Puis ajoutons sur notre carte :
VISITÉE DE L'EXTÉRIEUR — 2026
Un jour, lorsqu'elle rouvrira pleinement…
nous aurons une excellente raison de revenir!
/image%2F7218743%2F20261002%2Fob_b38142_screenshot-2026-10-02-at-11-40-16-aide.png)
Pour Saint-Denis, je changerais légèrement notre mission.
Cette fois :
ne cherchons pas immédiatement un chef-d'œuvre.
Cherchons les différentes époques.
Une église vieille de plusieurs siècles ressemble parfois à un livre dont les chapitres auraient été écrits avec :
de la pierre ;
du bois ;
des vitraux ;
des transformations architecturales.
Notre mission sera donc :
Même si nous ne savons pas encore les dater.
Ce n'est pas grave.
Nous pouvons photographier.
Puis chercher après la sortie.
Observer d'abord. Identifier ensuite.
/image%2F7218743%2F20261002%2Fob_76711f_screenshot-2026-10-02-at-11-41-24-aide.png)
À Saint-Jacques, je donnerais une instruction avant même d'entrer :
😂
Parce que l'une des choses passionnantes avec l'architecture religieuse est précisément la manière dont elle joue avec :
la hauteur ;
la lumière ;
les voûtes ;
les lignes verticales.
Les documents touristiques de la ville mettent notamment en avant son architecture gothique ainsi que ses anciennes stalles.
Les stalles anciennes.
Puis demandons :
« À votre avis, à quoi servaient-elles ? »
Encore une fois…
hypothèses avant réponse.
/image%2F7218743%2F20261002%2Fob_89cc30_screenshot-2026-10-02-at-11-42-22-aide.png)
Voilà un nouveau mot à glisser dans notre carnet :
L'exposition met notamment en avant celle de Saint-Jean-l'Évangéliste, une œuvre remarquable associée au patrimoine de cette ancienne collégiale.
Les documents touristiques de Liège la datent du XIIIe siècle.
Mais ne montrons peut-être pas immédiatement une photographie aux enfants.
Donnons seulement le nom.
Sedes Sapientiae.
Puis cherchons.
La Sedes Sapientiae.
Et lorsque nous l'avons trouvée…
observons.
Que représente-t-elle ?
Dans quelle matière semble-t-elle réalisée ?
Quelles couleurs voyons-nous ?
Quelle attitude ont les personnages ?
Nous pouvons ensuite rechercher ce que signifie son nom.
/image%2F7218743%2F20261002%2Fob_56bb4c_screenshot-2026-10-02-at-11-43-58-aide.png)
Et voici la dernière.
Lorsque nous atteignons Saint-Martin, sortons notre carte.
Comptons.
1, 2, 3, 4, 5, 6… 7.
Si nous avons réellement photographié les sept…
notre première mission est accomplie.
Mais je ne terminerais surtout pas le projet ici.
Parce que maintenant, nous possédons suffisamment de matière pour fabriquer quelque chose.
Prenons sept doubles pages.
Une par édifice.
Et gardons toujours la même structure :
Pas besoin de remplir tout immédiatement.
Au contraire.
Le carnet peut rester incomplet.
Une question sans réponse devient…
une raison de poursuivre l'enquête.
Voici probablement l'activité IEF que j'ajouterais absolument.
Prenons une longue bande de papier.
Tout à gauche :
Tout à droite :
Puis plaçons :
979 : fondation de Sainte-Croix ;
autour de l'an mil : développement des collégiales ;
1010-1015 : fondation de Saint-Barthélemy ;
1107-1118 : fonts baptismaux ;
XIIIe siècle : Sedes Sapientiae ;
puis les autres grandes étapes découvertes au fil de nos recherches.
Et là…
quelque chose devient visible.
Entre l'an mil et aujourd'hui :
un mètre de papier peut représenter mille ans d'histoire.
Les enfants comprennent alors que « le Moyen Âge » n'est pas un petit moment abstrait placé quelque part « autrefois ».
C'est immense.
J'aimerais beaucoup ajouter une catégorie dans notre carnet :
Parce qu'il est facile de montrer un monument ancien à un enfant et de dire :
« Regarde, ça date du Moyen Âge. »
Alors que le bâtiment devant nous peut comporter :
une partie médiévale ;
une transformation du XVIIe siècle ;
un mobilier baroque ;
une restauration du XIXe ;
une intervention contemporaine.
Sainte-Croix, par exemple, rassemble des parties issues de plusieurs siècles : le chœur occidental remonte à la charnière des XIIe-XIIIe siècles, l'abside orientale au XIIIe, les nefs au XIVe et les chapelles latérales au XVe.
Un bâtiment ancien n'est donc pas nécessairement d'une seule époque.
Il peut être une véritable accumulation de temps.
Devant chaque collégiale, chacun reçoit une mission.
Trouve :
une forme ronde ;
une forme pointue ;
une sculpture ;
une pierre différente ;
une ouverture ;
un élément métallique ;
une trace de restauration ;
quelque chose de beaucoup plus récent que l'église.
Puis comparons.
Nous n'avons besoin d'aucune connaissance architecturale pour commencer.
Nous apprenons simplement à…
voir.
Les mots viendront ensuite.
Regardons une façade.
Cherchons :
les symétries ;
les répétitions ;
les formes géométriques ;
les proportions ;
les rosaces ;
les arcs.
Combien de fenêtres ?
Combien de niveaux ?
Quelle tour semble la plus haute ?
Peut-on estimer sa hauteur ?
Et pourquoi certaines formes reviennent-elles ?
Tout à coup, notre sortie d'histoire devient également une séance de géométrie.
Choisissons une seule collégiale.
Asseyons-nous quelques minutes devant.
Pas besoin de dessiner parfaitement.
Nous avons cinq minutes.
Traçons uniquement :
la silhouette générale ;
les tours ;
le toit ;
les grandes ouvertures.
Puis photographions le bâtiment.
À la maison, comparons :
Qu'avons-nous choisi de dessiner ?
Qu'avons-nous complètement oublié ?
C'est fascinant.
Parce que notre dessin révèle aussi…
ce que notre cerveau avait décidé de regarder.
Elle est déjà sur notre carte.
À chaque nouvelle collégiale visitée :
une gommette ;
une date ;
une photographie.
Puis traçons notre déplacement.
Calculons éventuellement la distance entre deux édifices.
Demandons :
Pourquoi tant d'églises importantes se trouvaient-elles dans une zone relativement restreinte ?
Et nous revenons progressivement à l'histoire politique et religieuse de Liège.
Les matières scolaires commencent à se mélanger.
Exactement comme dans la vraie vie.
Lorsque nous aurons terminé les sept collégiales, notre enquête pourra encore continuer.
Le Circuit des collégiales associe également trois sites étroitement liés à ce patrimoine religieux :
le Trésor de Liège ;
l'Archéoforum ;
le Grand Curtius.
Voilà donc notre niveau 2.
😂
Sept collégiales terminées ?
Trois nouveaux points apparaissent sur la carte.
Évidemment, oublions la chronologie complexe.
Donnons simplement une carte de chasse aux détails :
- trouver une cloche ou un clocher ;
- trouver une fenêtre ronde ;
- trouver une immense porte ;
- toucher une pierre lorsque cela est permis ;
- trouver un personnage sculpté ;
- chercher une couleur dans un vitrail ;
- trouver trois formes pointues.
Et surtout :
ne cherchons pas à tout leur expliquer.
À quatre ans, avoir remarqué que deux églises ne possèdent pas les mêmes fenêtres est déjà une véritable observation!
Cette activité peut aller énormément plus loin.
Choisissons une collégiale.
Puis essayons de répondre à quatre questions :
Quand a-t-elle été fondée ?
Quelles parties voyons-nous aujourd'hui ?
Quel événement important a-t-elle traversé ?
Quel objet ou quelle œuvre remarquable conserve-t-elle ?
Et surtout :
quelles sources nous permettent de l'affirmer ?
Voilà une compétence fondamentale.
L'histoire n'est plus :
« apprendre ce qui est écrit ».
Elle devient :
chercher comment nous savons ce qui s'est passé.
Lorsque nous aurons les sept…
imprimons nos photographies.
Plaçons au milieu :
notre carte de Liège.
Puis disposons autour :
Saint-Paul ;
Saint-Barthélemy ;
Sainte-Croix ;
Saint-Denis ;
Saint-Jacques ;
Saint-Jean ;
Saint-Martin.
Relions chacune à son emplacement avec un fil.
Et ajoutons sous chaque photographie :
une seule chose que nous avons apprise.
Pas dix dates.
Pas une fiche entière.
Une chose.
Nous aurons créé notre propre petite exposition :
Avant le 4 octobre 2026, allons à la Halle aux Viandes.
L'entrée est gratuite.
Mais au lieu de nous donner comme objectif :
« apprendre l'histoire des sept collégiales »…
prenons simplement une feuille.
Écrivons leurs sept noms.
Et choisissons une seule collégiale que l'exposition nous donne particulièrement envie d'aller chercher.
À la sortie :
plan en main.
Trouvons-la.
Photographions-la.
Observons un détail.
Puis cochons :
Notre circuit vient de commencer!
Il y a quelque chose que j'aime particulièrement dans cette idée.
L'exposition disparaîtra le 4 octobre.
Mais notre projet, lui, n'a aucune date de fin.
Nous pouvons découvrir Saint-Barthélemy cette semaine.
Passer devant Saint-Denis le mois prochain.
Photographier Sainte-Croix en plein chantier.
Entrer un autre jour à Saint-Jacques.
Revenir voir l'une d'elles au printemps.
Et chaque fois…
ajouter quelque chose à notre carte.
Un point.
Une photographie.
Une date.
Une œuvre.
Une question.
Au bout de quelques mois, les sept noms qui ne signifiaient peut-être presque rien au début commenceront à dessiner quelque chose de beaucoup plus grand :
l'histoire de notre propre ville.
Et voilà peut-être ce que j'aime le plus dans l'IEF vivant.
Nous pourrions ouvrir un manuel et regarder une photographie d'une église médiévale.
Mais parfois…
il suffit de mettre nos chaussures.
Parce qu'à Liège, mille ans d'histoire sont encore là, au coin de nos rues.
À bientôt sous le tilleul 🌿