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Lire La soupe au potiron… avant même de cuisiner du potiron : un album sur la place que chacun veut occuper

Bonjour et bienvenue sous le tilleul 🌿

Il y a des albums que l’on choisit parce qu’ils correspondent parfaitement à une saison.

Une forêt.

Des feuilles.

Un potiron.

Une vieille cabane.

Une casserole fumante.

Et l’on pourrait croire que La soupe au potiron d’Helen Cooper appartient simplement à cette grande famille des beaux albums d’automne.

Ce serait déjà une bonne raison de le sortir de la bibliothèque au début d’octobre.

Mais ce serait passer à côté de ce qu’il raconte vraiment.

Car derrière la soupe, les magnifiques couleurs chaudes et les trois animaux installés dans leur maison au fond des bois se cache une histoire beaucoup plus familière :

que se passe-t-il lorsque quelqu’un ne veut plus occuper la place qu’on lui a donnée ?

Et surtout…

que fait un groupe lorsqu’un de ses membres décide de changer les règles ?

Dans cette maison, chacun sait exactement ce qu’il doit faire

Au fond des bois, dans une vieille cabane, vivent trois amis :

Chat, Écureuil et Canard.

Chaque jour, ils préparent leur soupe au potiron de la même manière.

Chat découpe le potiron.

Écureuil remue la soupe.

Canard ajoute le sel.

Et cela fonctionne.

Très bien, même.

L’éditeur anglais résume précisément cette organisation : Cat slices, Squirrel stirs and Duck adds the salt. Puis un jour, Canard décide qu’il veut, lui aussi, remuer la soupe. Et tout l’équilibre de la maison vacille.

Voilà ce que j’aime immédiatement dans cet album.

Le problème ne vient pas d’un méchant.

Il n’y a pas de danger extérieur.

Pas de loup.

Pas de monstre.

Pas de voleur.

Simplement quelqu’un qui dit :

« Moi aussi, je veux faire ça. »

Et parfois, dans une famille ou un groupe d’enfants…

c’est largement suffisant pour déclencher une révolution. 😂

 

« Mais c’est mon travail ! »

On imagine très bien la scène.

Une activité fonctionne.

Chacun connaît son rôle.

Puis quelqu’un décide de changer.

Chez les enfants, cela peut être :

« C’est moi qui distribue ! »

« Moi aussi je veux mélanger ! »

« Pourquoi c’est toujours lui qui appuie sur le bouton ? »

« Aujourd’hui, c’est moi qui veux m’asseoir là ! »

Ce ne sont pas forcément de grandes revendications.

Mais elles touchent à quelque chose de très profond :

la place que chacun pense occuper dans le groupe.

Et c’est exactement ce qui rend La soupe au potiron si intéressant.

La dispute ne porte pas seulement sur une cuillère.

Elle porte sur les rôles.

 

Pourquoi un rôle rassure-t-il autant ?

Parce qu’un rôle donne une place.

Quand chacun sait ce qu’il fait, il sait aussi un peu :

qui il est ;

ce que les autres attendent de lui ;

ce qu’il contrôle ;

et où commence son territoire.

Chat coupe.

Écureuil remue.

Canard sale.

Tout est prévisible.

La soupe est bonne.

La maison fonctionne.

Et voilà que Canard vient perturber ce bel ordre.

Pas parce qu’il veut tout détruire.

Simplement parce qu’il veut essayer autre chose.

 

Et si Canard n’était pas seulement capricieux ?

Voilà une question qui change complètement la lecture.

Lorsqu’un enfant demande :

« Pourquoi Canard veut-il remuer ? »

il serait très facile de répondre :

« Parce qu’il fait un caprice. »

Mais est-ce vraiment la seule possibilité ?

Peut-être qu’il est curieux.

Peut-être qu’il en a assez de toujours faire la même chose.

Peut-être qu’il trouve le rôle d’Écureuil plus intéressant.

Peut-être qu’il veut prouver qu’il en est capable.

Peut-être qu’il souhaite participer autrement.

Peut-être même qu’il ne sait pas très bien lui-même pourquoi cette cuillère est soudain devenue si importante.

Et cela aussi ressemble énormément aux enfants.

 

Une dispute n’est pas toujours provoquée par quelque chose d’important

Voilà une vérité assez consolante.

Les grandes colères ne commencent pas toujours par de grandes choses.

Une cuillère.

Une place à table.

Le verre bleu.

Le tour de quelqu’un.

Un jouet utilisé par un autre.

Une porte que l’on voulait ouvrir soi-même.

Et l’adulte regarde parfois la scène en pensant :

« Mais enfin… tout ça pour ça ? »

Oui.

Tout ça pour ça.

Parce que l’objet visible n’est pas toujours le véritable sujet.

Derrière « je voulais remuer », il peut y avoir :

je voulais choisir ;

je voulais essayer ;

je voulais que vous m’écoutiez ;

je voulais avoir le même droit que toi.

Et La soupe au potiron permet d’aborder tout cela sans jamais en faire une leçon de morale lourde.

 

La dispute éclate vraiment

Les trois amis ne règlent pas leur désaccord immédiatement.

Ils se chamaillent.

Ils se mettent en colère.

Et Canard finit par quitter la maison.

Chat et Écureuil commencent rapidement à s’inquiéter et partent le chercher.

Et là, l’histoire change.

Nous ne sommes plus simplement dans :

« Qui va remuer la soupe ? »

Nous sommes dans :

« Où est notre ami ? »

 

La colère disparaît parfois dès que l’autre n’est plus là

Voilà encore quelque chose de très juste.

Tant que Canard est présent, le conflit occupe tout l’espace.

Il agace.

Il dérange.

Il bouleverse les habitudes.

Puis il part.

Et soudain…

la cuillère devient beaucoup moins importante.

L’inquiétude prend sa place.

C’est une expérience que les enfants connaissent très bien.

On peut être furieux contre quelqu’un…

et s’inquiéter immédiatement si cette personne disparaît.

Les sentiments ne se rangent pas proprement dans des petites cases.

On peut être :

fâché et attaché ;

jaloux et inquiet ;

agacé et heureux de retrouver l’autre.

 

Voilà pourquoi cet album parle si bien des relations

Parce qu’il n’explique pas aux enfants :

« Il ne faut jamais se disputer. »

Heureusement.

Ce serait faux.

Les relations réelles comportent des désaccords.

Des frustrations.

Des moments où quelqu’un veut autre chose.

Ce qui compte, ce n’est pas de supprimer toute dispute.

C’est de découvrir :

que fait-on après ?

Et là, l’album devient beaucoup plus intéressant qu’une simple histoire de partage.

 

Peut-on changer de rôle sans casser tout le groupe ?

C’est peut-être la vraie question du livre.

Dans beaucoup de groupes, les rôles se figent très rapidement.

Il y a :

celui qui explique ;

celle qui organise ;

celui qui fait rire ;

celle qui aide ;

celui qui suit ;

celle qui décide.

Parfois, ces rôles correspondent réellement aux préférences de chacun.

Et parfois…

ils deviennent des prisons minuscules.

« Toi, tu fais toujours ça. »

« Moi, je ne sais pas faire. »

« C’est son travail. »

Canard demande simplement quelque chose de très important :

est-ce que ma place peut changer ?

 

C’est une magnifique question à poser avec des enfants

Après la lecture, on peut demander :

Est-ce que chacun doit toujours faire la même chose ?

Et là…

les réponses risquent d’être intéressantes.

😂

On peut ensuite poursuivre :

Pourquoi Chat et Écureuil n’aiment-ils pas l’idée ?

Est-ce qu’ils ont peur que la soupe soit moins bonne ?

Est-ce qu’ils trouvent Canard trop petit ?

Est-ce qu’ils ont simplement l’habitude ?

Et toi, aimerais-tu toujours avoir le même rôle ?

Nous quittons doucement l’histoire…

et nous entrons dans la vie quotidienne.

 

Il y a aussi une question de compétence

Parce que demander un nouveau rôle ne signifie pas forcément savoir immédiatement bien le faire.

Canard veut remuer.

Très bien.

Mais apprendre implique parfois :

être maladroit ;

faire moins bien que la personne habituée ;

avoir besoin d’aide ;

prendre davantage de temps.

Et voilà une autre question formidable :

devons-nous laisser quelqu’un essayer quelque chose même s’il risque de moins bien le faire que nous ?

Aïe.

Cette question ne concerne déjà plus uniquement les enfants. 😂

 

Les adultes aiment eux aussi que les choses soient faites « comme il faut »

Plier les serviettes.

Verser l’eau.

Ranger les courses.

Mélanger une pâte.

Mettre la table.

Nous voulons parfois laisser participer les enfants…

à condition qu’ils fassent exactement ce que nous aurions fait.

Avec la même vitesse.

Le même résultat.

Et sans renverser.

Autrement dit :

nous voulons bien qu’ils apprennent…

mais idéalement sans passer par la phase où l’on apprend.

😂

Canard nous rappelle quelque chose de très simple :

prendre une nouvelle place demande souvent que quelqu’un accepte de lâcher un peu la sienne.

 

Et si chacun changeait de rôle ?

Voilà une petite expérience amusante après la lecture.

Imaginons une activité familiale très simple.

Préparer le petit déjeuner.

Mettre la table.

Faire une salade de fruits.

Préparer une pâte à crêpes.

Puis chacun choisit un rôle.

Et le lendemain…

on change.

Celui qui mélange aujourd’hui verse demain.

Celui qui dispose les serviettes compte les couverts.

Celui qui regarde habituellement peut devenir responsable d’une étape.

Nous découvrons alors quelque chose :

certaines organisations fonctionnent parce qu’elles sont efficaces.

Mais elles ne sont pas forcément obligées d’être éternelles.

 

Une maison parfaite… jusqu’à ce qu’elle ne le soit plus

Les illustrations d’Helen Cooper rendent cette idée particulièrement sensible.

La cabane, les potirons, la cuisine, le feu, les bols…

tout respire le confort.

Les illustrations aux couleurs automnales sont très marquées et l' atmosphère particulièrement chaleureuse.

Et justement :

la dispute arrive dans un lieu qui semblait parfaitement harmonieux.

Je trouve cela très juste.

Les conflits n’arrivent pas seulement dans les familles qui vont mal.

Ils arrivent aussi dans :

les maisons où l’on s’aime ;

les groupes d’amis solides ;

les fratries complices.

Une dispute ne signifie pas automatiquement que le lien est mauvais.

Parfois, elle signifie seulement :

quelque chose doit être renégocié.

 

Et puis il y a le départ de Canard

Avec les plus petits, c’est probablement la partie la plus forte.

Canard part.

Et ses amis ont peur.

On peut s’arrêter là un instant.

Pas pour dramatiser.

Mais pour demander :

Comment croyez-vous que Chat se sent ?

Et Écureuil ?

Et Canard ?

Les enfants vont peut-être répondre :

tristes ;

fâchés ;

inquiets ;

seuls ;

désolés.

Puis on peut ajouter :

Peut-on ressentir plusieurs choses en même temps ?

Bien sûr.

Et là, un simple album devient presque une petite carte des émotions complexes.

 

La séparation change le regard

Avant le départ, Chat et Écureuil voient surtout :

Canard qui dérange leur organisation.

Après le départ, ils voient :

leur ami qui manque.

Même personne.

Autre regard.

C’est très intéressant à faire remarquer.

Parce que dans une dispute, nous réduisons facilement l’autre à ce qu’il vient de faire.

« Il m’a pris ça. »

« Elle m’a crié dessus. »

« Il n’a pas voulu. »

Puis lorsque la tension retombe…

la personne redevient plus grande que le conflit.

 

Les retrouvailles ne remettent pas simplement tout « comme avant »

Et heureusement.

Car si l’histoire se terminait par :

« Canard revient, reprend le sel et tout recommence exactement pareil »,

nous aurions appris une chose assez étrange :

il vaut mieux ne jamais demander de changement.

😂

Au contraire, la dynamique évolue.

Et c’est là toute la finesse du livre.

Les retrouvailles ne signifient pas que Canard doit renoncer à ce qu’il voulait.

Elles demandent aux trois amis de trouver une nouvelle manière de faire ensemble.

 

Le partage n’est donc pas seulement partager un objet

On parle souvent de cet album comme d’une histoire sur le partage.

C’est vrai.

Mais le mot peut être compris de façon beaucoup plus large.

Partager :

la cuillère ;

le travail ;

le pouvoir de décider ;

la possibilité d’essayer ;

la place au sein du groupe.

C’est beaucoup plus intéressant que :

« Il faut prêter ses jouets. »

 

Et si nous observions d’abord l’album sans parler de potiron ?

Voilà quelque chose que j’aime particulièrement au début octobre.

Nous pouvons sortir La soupe au potiron avant même d’avoir décidé de faire une soupe.

La littérature n’est pas obligée de devenir immédiatement un prétexte à une activité culinaire.

Un livre peut exister…

simplement comme livre.

On le regarde.

On l’écoute.

On revient aux illustrations.

On parle de Canard.

On rit.

On se demande qui a raison.

Et seulement plus tard, peut-être…

le potiron entrera réellement dans la cuisine.

 

Cela évite aussi de transformer octobre en mois thématique

Début octobre, notre bibliothèque n’a pas besoin de devenir :

POTIRON ! POTIRON ! POTIRON !

😂

Un seul album peut suffire.

Quelques feuilles commencent à changer.

Les potirons apparaissent davantage chez les maraîchers.

Le temps devient plus frais.

Et nous faisons doucement entrer une première histoire dans la maison.

C’est beaucoup plus agréable que de décréter :

1er octobre = quinze albums orange + cinq bricolages de citrouilles + soupe obligatoire.

La saison peut arriver progressivement.

 

Un album publié à la fin des années 1990

Pumpkin Soup a été publié pour la première fois en anglais en 1998 et a remporté cette année-là la Kate Greenaway Medal, importante récompense britannique décernée pour l’illustration jeunesse. Helen Cooper est à la fois l’autrice et l’illustratrice du livre.

La version française La soupe au potiron, traduite de l’anglais, est publiée chez Kaléidoscope à la fin des années 1990 ; les catalogues de bibliothèques françaises la recensent notamment en 1999.

Depuis, Chat, Écureuil et Canard ont poursuivi leurs aventures dans d’autres albums.

Mais celui-ci reste le premier.

Et peut-être le plus simple dans son mécanisme :

une routine ;

un désir de changement ;

une dispute ;

un départ ;

une inquiétude ;

des retrouvailles.

Presque toute la vie relationnelle résumée autour d’une casserole.

 

Observer les illustrations comme des indices émotionnels

Avec les enfants, on peut relire une deuxième fois sans presque écouter le texte.

Regardons seulement :

les visages ;

les positions des corps ;

la distance entre les personnages ;

la taille qu’ils prennent dans l’image ;

les couleurs ;

le décor.

À quel moment la maison paraît-elle la plus chaleureuse ?

À quel moment paraît-elle vide ?

Comment voit-on que quelqu’un est fâché avant même de lire les mots ?

C’est une belle manière d’apprendre que les images racontent elles aussi.

 

Le jeu des trois rôles

Après la lecture, on peut utiliser trois objets très simples :

un couteau factice ou adapté ;

une cuillère ;

une petite salière vide.

Puis raconter :

Chat coupe.

Écureuil remue.

Canard sale.

Et demander :

Qui voudrait changer ?

Les enfants choisissent.

Puis nous échangeons les objets.

Le but n’est pas de rejouer parfaitement l’histoire.

Il est de sentir physiquement cette idée :

un rôle peut circuler.

 

Avec les plus petits : rester très concret

Quelques questions suffisent.

Pourquoi Canard est-il fâché ?

Pourquoi est-il parti ?

Est-ce que ses amis le cherchent ?

Sont-ils encore fâchés lorsqu’ils ont peur pour lui ?

Qu’est-ce qu’ils pourraient faire la prochaine fois ?

Pas besoin de parler de « dynamique de groupe ».

😂

L’album s’en charge très bien tout seul.

 

Avec un enfant plus grand : déplacer le problème

On peut proposer une situation différente.

Trois enfants construisent une cabane.

Le premier choisit toujours les branches.

Le deuxième les place.

Le troisième apporte les feuilles.

Un jour, celui qui apporte les feuilles veut construire.

Que pourrait faire le groupe ?

Puis une autre situation.

Dans un jeu, la même personne veut toujours être le chef.

Est-ce la même chose que Canard ?

Pas exactement.

Et c’est là que la discussion devient intéressante.

Vouloir essayer un autre rôle n’est pas la même chose que vouloir décider de tout.

 

Le groupe doit-il toujours dire oui ?

Non plus.

Et voilà une nuance importante.

Le message de l’album n’est pas :

« Chaque fois que quelqu’un veut quelque chose, les autres doivent accepter. »

Vivre ensemble implique aussi :

attendre son tour ;

écouter les autres ;

accepter certaines limites ;

négocier.

Canard a le droit de vouloir remuer.

Mais Chat et Écureuil ont également le droit d’être surpris ou inquiets devant le changement.

La solution n’est donc pas :

un gagne, les autres perdent.

La solution est :

comment pouvons-nous réorganiser les choses pour continuer ensemble ?

 

Voilà un apprentissage énorme

Et assez difficile même pour les adultes.

Nous avons souvent appris à résoudre les conflits comme des tribunaux.

Qui a commencé ?

Qui a raison ?

Qui doit s’excuser ?

Qui gagne ?

Mais dans beaucoup de disputes du quotidien, la meilleure question est peut-être :

de quoi chacun a-t-il besoin maintenant pour que le groupe puisse continuer ?

Canard veut essayer.

Écureuil veut peut-être conserver une place importante.

Chat veut que la soupe reste bonne.

Comment réunir tout cela ?

 

Et seulement ensuite… peut-être cuisiner

Quelques jours plus tard, le potiron peut arriver.

Pas nécessairement le même jour que la lecture.

J’aime même assez l’idée de laisser l’histoire vivre un peu avant.

Puis, lorsque nous préparons réellement une soupe, les rôles apparaissent presque naturellement.

Qui lave ?

Qui verse ?

Qui mélange ?

Qui apporte les ingrédients ?

Qui choisit les épices ?

Et là…

attention.

😂

Parce qu’il y aura probablement quelqu’un pour dire :

« Moi, je veux remuer ! »

Et soudain, Helen Cooper nous aura donné une excellente occasion de sourire.

 

La recette devient alors secondaire

Bien sûr, l’album parle de soupe.

Mais ce n’est pas vraiment un livre sur la cuisine.

La casserole est un décor idéal parce qu’elle nécessite plusieurs gestes.

Et donc plusieurs rôles.

Nous pourrions raconter presque la même histoire avec :

une cabane ;

un puzzle ;

un gâteau ;

un jeu de construction ;

un orchestre.

D’ailleurs, les personnages jouent également de la musique ensemble dans l’univers de l’album.

Autrement dit :

le sujet n’est pas le potiron.

Le sujet est :

comment trois personnes font-elles quelque chose ensemble ?

 

Pourquoi cet album est parfait pour le début octobre

Parce qu’il nous permet d’entrer dans l’automne sans le saturer.

Une cabane dans les bois.

Une soupe.

Des potirons.

Quelques couleurs plus chaudes.

Cela suffit.

Mais il apporte surtout un thème qui n’est pas saisonnier du tout :

trouver sa place parmi les autres.

Et c’est probablement pour cela qu’on peut le relire année après année.

Les potirons reviennent.

Les disputes aussi.

😂

 

🌿 Le petit défi sous le tilleul

Après la lecture, choisir une activité familiale qui comporte au moins trois rôles.

Par exemple :

mettre la table ;

préparer une salade de fruits ;

arroser les plantes ;

faire une pâte à gâteau ;

ranger un jeu.

La première fois, chacun choisit sa tâche.

La fois suivante…

on échange.

Puis on demande :

Quel rôle as-tu préféré ?

Lequel était plus difficile que tu ne pensais ?

Est-ce agréable de toujours faire la même chose ?

Pas besoin de chercher une morale parfaite.

Écoutons simplement les réponses.

 

Sous le tilleul 🌿

Au début, il y avait une cabane.

Trois amis.

Et une soupe parfaitement organisée.

Chat coupait.

Écureuil remuait.

Canard mettait le sel.

Tout allait bien.

Jusqu’au jour où quelqu’un osa dire :

« Moi aussi, je voudrais faire autrement. »

Et peut-être est-ce pour cela que j’aime tant cet album.

Parce qu’il ne raconte pas seulement une dispute.

Il raconte ce moment où un groupe doit comprendre que l’équilibre n’est pas forcément l’immobilité.

Les habitudes rassurent.

Les rôles structurent.

Mais grandir, vivre ensemble et rester amis demande parfois de laisser les places bouger.

Au début d’octobre, nous pouvons donc sortir La soupe au potiron de la bibliothèque.

Pas encore tous les livres orange.

Pas encore toutes les recettes.

Juste celui-là.

Le lire lentement.

Regarder les illustrations.

Écouter la colère.

L’inquiétude.

Les retrouvailles.

Puis refermer le livre.

Le potiron attendra encore quelques jours.

La conversation, elle, aura déjà commencé.

 

À bientôt sous le tilleul 🌿

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